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CHAPITRE XXV

HEYRIA ET MARIA-HATRE.

C'Ml uac Miitade ,

CmI ud repos profond ; ancan aonflle, attcnn brait. 11 CiH Jour et l'on a lea ombres de U nuit.

On dirait que ce calme et cet aflruax eUeneu De Tarann ou d'Eeua révèlent 1a préeenee.

jenx ploDfeni en vain dant cette profondeur, El, malfré toi, l’on ant aneeecrète horreur.

O Druide* eaerée , voua étiet de franda maître* ’ Lee Budéeienne*.

Du territoire de Brenod , un chemin conduit , par de magnifiques forêts de sapins , à l’ancienne chartreuse de Meyria. C’est là qu’il faut aller chercher les inspirations poétiques et religieuses. Il n’y a presque pas lieu de douter que le druidisme ne se soit emparé de ces bois pour en faire un sanctuaire , et que , plus tard , le christianisme ne s’en soit emparé à son tour, pour opposer son influence salutaire aux superstitions qui continuaient de lui résister.

La Charleuse est près d’un lac , et ce lac est la source d’un ruisseau qui se rend rapidement à

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celui qui descend d’Isenave , ou de la Nave d’hit, autant de circonstances locales qui nous persuadent que cette demeure monastique a été fondée sur un terrain consacré par la religion des Galls.

Le nom de Meyria , qu'on a expliqué dans les livres où l'on mentionne sa fondation (1), se trouverait interprété par les rapprochements que nous venons de faire au chapitre qui précède , si nous n’avions pas encore , à une lieue d’ici , un point de comparaison dans 1e nom de Maria-Mâtre , que porte un rocher des environs de Nantua (2).

Maria-Mâtre est le couronnement d’une roche abrupte , excessivement élevée , sur la rive septentrionale du lac de Nantua. C’est une pile de gros blocs de pierres brutes, qui ressemble — puisqu’on le veut — à une tête humaine vue de côté. Vous y apercevez un trou par lequel on voit le ciel , et ce trou c’est un œil , si vous le trouvez bon. Désirant vivement faire connaissance avec ce personnage, afin de ne pas le juger sur de simples on-dit, j’ai jugé à propos de lui faire une visite, et j’ai escaladé , à cet effet , la montagne de Don. Les blocs m’ont paru disposés par l’art comme le sont les pierres d’un dolmen ; c’est-à-dire que le dernier est posé à plat sur deux autres qui laissent

(1) M. D'Aveze dit que Meyria ii'a pas retenu le nom de Marna . seconde femme d’Amc II de Savoie , parce que ce Comte de Savoie n'csl ni le foudaleur ni le bienfaiteur de cette Chartreuse.

(2) Departement de l'Ain.

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entre eux un espace vide. On y remarque de» parties qui sont évidemment salies par le frottement. Mais, dira-t-on, qui est-ce qui va s'y frotter? On ne peut plus arriver là qu'au péril de sa vie. — Ce ne peut être que les aigles, lorsqu'ils y cherchent un abri, ou qu’ils y prennent leur essor pour s'envoler. Car, avancer que les mères y venaient jadis faire passer les pieds de leurs enfants , pour leur donner la force de marcher, comme il y en a encore en France qui pratiquent la même cérémonie superstitieuse à des monuments druidiques, ce' serait pousser trop loin la liberté d’émettre de simples conjectures.

Que signifîe le nom de Maria-McUre ? Seraitce Marie la mère de Dieu ? Et les chrétiens auraient-ils voulu chasser, par une dédicace à la Vierge-Mère , le souvenir d’une antique idolâtrie ? C’est possible. En cherchant à pénétrer ces motifs, nous avons rencontré sur plusieurs pointe du Bugey des vestiges de la croyance aux déesses mairei ; et dès-lors il ne serait pas sans vraisemblance qu’ici le mot ma*ra eût été remplacé par celui de Maria, et celui de matra par mâtre.

Au reste, le cuite des déesses maire* est plus germanique que gaulois. Dans les langues du nord de l’Europe, meiiar et maïr signifient, l’un les vierges, et l’autre les mères.

On parle en Allemagne d’un dolmen on d’un menhir , monument druidique , auquel serait atta-

DiQ"^ed b>

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ché le nom de Marien-heide, c'est-à-dire de Mariepaïenne (1).

C’est ici le moment de demander si MeyrUt , nom de la chartreuse voisine , a conservé le nom de la vierge Marie , ou s’il s’est formé de Maer, vierge(2) ; 2' si Maria est le même mot que maira; 3' si mâtre est identique avec matra ou mater. — Dans le cas de l’alfirmative, on dira que Meyria était un sanctuaire druidique en l’honneur de la Vierge, et que le rocher , si pittoresque et si cii- * rieux de Maria-Mâtre , est un monument gaulois auquel est restée attachée la dénomination do Vierge- mère.

(1) Oie Feen in Euro/ia , von U. Ili’inricli Sclircibrr. 1842 , |>.

(2) Ibidem , p. 11 .

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