‹ Traditions populaires comparéesChapitre 189 sur 386 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

l'iLITHYK UK QL'INIFILY.

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f Pixcas. Uie. du Ciel)

Faisons plus aiiiplc connaissance avec Ililliye : son imago tout entière est en Bretagne , à Quinipily (1), où elle porte indûment le nom de Vénus.

Cette prétendue déesse de la beauté, qu’on a prise aussi mal à propos pour une Isis , a le front marqué do trois lettres de son vrai nom : lit (2). Sa statue a 2 mètres 15 centimètres de haut. Ses bras , collés à son corps et pliés devant elle ; scs doigts simplement indiqués par des raies droites , accusent un ciseau barbare de la période gallo-romaine ; un voile lui tomlie de la tète sur les épaules et sur le dos.

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364 b'iLITHYE DE UUIN1PIL.Y.

Aux pieds de cette idole est une grande cuve creusée dans le granit , longue de 2 mètres 40 c. , large do i mètre 50 c., profonde de i mètre 45 c. et qui devait servir aux immersions sacrées. C’est là que venait se plonger la nouvelle accouchée qui avait des grâces à rendre à la divinité , ou la jeune fille qui désirait obtenir d’elle un bon mari ; cérémonies fort étranges pour un pays aussi catholique que la Bretagne , où elles se sont perpétuées jusqu’à ce jour en dépit de toutes les mesures prises par l’autorité ecclésiastique pour mettre un terme à ces derniers vestiges de paganisme.

L'historique de ces poursuites est assez curieux pour nous intéresser.

En 1671 , ce monument existait sur la montagne de Castanet, paroisse de Bieuzy, à 32 kilomètres de Vannes. Il était dans un temple en ruines, dont il est encore aisé de distinguer l’emplacement. Des missionnaires qui prêchaient à Baud, firent, à cette époque , précipiter la statue dans la rivière voisine; mais, à quelques mois de là, les habitants de la contrée, attribuant à cette marque d’impiété — car c’en était une dans leur opinion — les pluies désastreuses qui étaient survenues , et voulant venger leur diviniU; d’un pareil outrage, se rassemblèrent bravement, retirèrent son image du fond de l’eau , et la réinstallèrent sur son piédestal au haut de la colline de Castanet. Plus tard — c’était encore au XVir siècle — un évéque de Vannes, Charles de

l’iLITHYR de QUINIPII.Y. 365

Rüsmailuc , s’inquiétant de la persistance de quelques-unes de ses ouailles dans la voie de l’idolâtrie, obtint du comte de Lannion l’enlèvement de la statue malencontreuse ; et ce seigneur la fit transporter avec sa balonge de granit dans la cour de son château de Quinipily. Mais, certes, ce ne fut pas sans peine et sans insurrection ; il fallut se faire appuyer par la force armée, et en venir aux mains avec des paysans furieux.

Vous venez de voir aux lettres qui restent suite bandeau de la déesse, aux ablutions ou bains de fidèles croyants, aux actions de grâces des tendres mères après leurs couches, et aux vœux des jeunes filles pour être bien mariées , que la prétendue Vénus de Quinipily n’est autre chose qu’Ilithye , la déesse des accouchements chez les Romains , que l’on appelait quelquefois casla Anetii , quelquefois la chaste Lucine. Ici, sur la montagne de Coêlanet , on lui donnait probablement le nom de chaste Anètc (1). Mais, au fond, c’était toujours une Lucine accoucheuse , soit qu’elle fût la chaste Diane, étonnée de se voir appelée à de semblables fonctions , soit qu’elle fût plus convenablement une Junon, qui du moins était initiée aux mystères du mariage et de la maiernité.

Nous avons dit ailleurs que, dans le Haut-Jura et le pays de Gex , lorsqu’une femme est en travail

(1) Antti».

366 l’ilithtr de quikipilt.

d’enfant, on a soin de faire approcher de son lit une jeune 611e , qui , dans cette circonstance , est une Lucine ou une Ililhye pour la patiente ; sa main ne lâche pas la sienne , aussi longtemps que dure la partnrition.

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