‹ Traditions populaires comparéesChapitre 188 sur 386 · CHAPITRE XX Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX Vm

ILITHVE A PA RT HEV.

Rite Diâluro* «perirc ptrto* llithya , toere matre* ,

Si«e . lu LucIdj , probaa voeari , 8eo fCBUalla

Oi«4 : prodocai eobolan ; palraaïqar Praveroa décréta , aoper jogandit PvBitiiU , proUaque uora feraci Lege narita

Hotanuf. Carmen aeculare

Le territoire de Choisey est le pays -féerie des environs do Dôie (1) : c’est le rendez-vous des Esprits , depuis les temps celtiques jusqu’à nos Jours. Nous l’avons déjà dit, ils se rallient encore à la croix qui vire ou croix de bon repoa , située sur la route de Dôle à Chàlon-sur-Saône , voie romaine classée dans les itinéraires. Ce lieu n’est pas éloigné du château de Parthey, ni du bois de la Fau , c’est-à-dire de la Fée (2) , ni de celui du Défan , le bois sacré ou le temple de la déesse (3).

(1) Deparicmeiil du Juru.

(2) fViH a cc sens en patois f.T) Oene famuii.

ILITHYE A PARTHEY.

Il se fait là des apparitions nocturnes de plus d'un genre : tantôt c’est un personnage sérieux , mélancolique , vénérable comme un druide qui se livre à la méditation ; tantôt c'est un homme grave en apparence , mais libertin en effet , qui guette à ce poste l'occasion d’enlever des femmes , pour les entraîner dans le bois de la Fau. Une autre fois, ce seront des dames blanches, auxquelles on attribue des passions amoureuses et qui vont à la rencontre des voyageurs. Malheur alors aux faibles cœurs qui n’ont pas, pour se prémunir contre les agaceries de ces belles daines, l’expérience du sage Ulysse passant à la vue des sirènes du rivage de Naples et de Sorente !

On a trouvé, près du château de Parthey, de Qolaliles débris de colonnes antiques et de tablettes de marbre , qui suggèrent naturellement l’idée d’un temple en ce lieu. Or, s’il y a existé un temple, il a dû être consacré à Junon-Lucine , surnommée Parta , comme présidant aux couches des femmes , parlas .

Non loin de là, du côté de Taveau , village qui a succédé à la ville séquanienne d’Amagétobrie , on découvrit dans la terre, vers l’an 1720 , le buste en bronze d’une femme au front diadémé , comme le sont les Junons-Lucines. Les yeux en étaient mohiles : on y voyait encore par quel moyen une prêtresse, cachée dans le piédestal qui avait jadis supporté cette figure, mettait ces yeux on mouvement,

ILITHYE A PABTUEV.

lorsqu’elle lui faisait rendre un oracle. J’en ai vu , au musée de Naples, un monument presque absolument pareil.

On peut supposer qu’il s’agit , à Parthey , de la tille de Junon-Lucine, la douce Ilithye, qoi , avec sa mère , se mêlait de l’enfantement , comme le disait si clairement Horace dans son poème séculaire (1); et ce qui nous induit à le penser, c’est que Parthey est proche du village de Saint-Ylie. Il est vrai de dire que Saint-Ylie parait venir de Saint- UilcUre , vulgairement connu sous le nom de Saint- Hilier , dont le culte a été apporté , dans l’arrondissement de üôle , par les Neustriens fuyant l’invasion des Normands ; mais nous avons à dire que , pour donner le change à une fausse dévotion des peuples , on aura jugé à propos d’opposer le nom de saint /f*7»er à celui A'Ilithye. Au reste, l’église de cette paroisse n’a jamais eu saint Hilier pour patron : c’est sous l’invocation do sainte Madeleine qu’elle a toujours existé et qu’elle est encore.

Toujours, ou presque toujours, une dulie chrétienne, de grande réputation, s’établit au voisinage de ces anciens foyers du polithéisme. En jetant ici un regard autour de nous , ils s’anétent sur laN.-D. miraculeuse de Mont-Roland .

(I) Voir rFpi^rnphr de cc rliapilrr.

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