LA BERTHE DE ROSENBERG
notre Allemagne, dit-il, est la femme blanche qui se fait voir non seulement en Allemagne, mais aussi en Bohême , dans les maisons de Neuhaus , de Rosenberg , de Brunswick , de Brandbourg , de Bade , de Pemstein et d’autres maisons souveraines qui leur sont alliées, lorsqu’il doit y mourir un chef de famille , s’y faire un mariage , y naître un héritier , ou s’y passer quelque événement majeur. Selon que l’annonce est heureuse ou sinistre, la dame paraît avec des gants blancs ou noirs. Elle passe vite de chambre en chambre , comme une personne qui a beaucoup à faire , ayant à sa ceinture un trousseau de clés , dont elle ouvre et ferme les portes, aussi bien de nuit que de Jour. Les uns prétendent qu’elle ne parle pas ; d’autres assurent qu’elle a la parole agréable et bienveillante. Elle répond avec grâce et noblesse aux saluts qu’on lui adresse , et, après avoir fait un signe de tête , elle s’en va , regardant tout le monde avec un air modeste et bienséant. Ceux qui n’ont pas l’idée de ses manières élégantes et dignes , ont avancé , peutêtre à tort, mais à coup sûr pour un louable motif , qu’on l’a vue souvent se fâcher et lancer des pierres contre les individus qui se permettaient des propos indécents, et surtout contre les blasphémateurs. Il n’y a, an contraire, qu’une seule voix sur son compte pour la louer de sa bonté envers les pauvres gens ; et l’on sait qu’elle se tourmente fort, lorsqu’elle s’aperçoit que les maîtres du château