‹ Traditions populaires comparéesChapitre 236 sur 386 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

LA PAMR BLANCHE DE MIREBEL (1).

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On me permettra de rapporter ici un fragment de lettre qui m’a été écrite le 8 novembre 1847.

« Vous pensez , monsieur, que les traditions doivent être nombreuses ici ; je le crois comme vous ; mais , grâce au voisinage de la route et de la ville, nos montagnards sont devenus des esprits forts, qui , le verre en main , défient les Génies et les Dames blanches. Ils rougiraient de s’arrêter aux historiettes du temps passé; aussi leurs veillées d’hiver n’ont-elles plus cet attrait qu’elles avaient pour leurs pères.

« Quoi qu’il en soit, à Mirebel, les bergères n’ont rien à craindre de la part des Esprits , sans être , pour cela , plus en sûreté dans les bois , surtout au

(1] Dfpartemrnt du Jun.

temps des fraises, des noisettes et de la faine. Elles ont bien connaissance, à la vérité, d’une dame blanche; mais elles ne la craignent plus depuis quelque temps. Cette dame a, dit-on, quitté le pays.

« Autrefois elle s’était fait singulièrement redouter dans la contrée. On en faisait du moins un mauvais génie qui effrayait les gens , qui les égarait , qui les raillait , qui les turlupinait , qui les frappait cruellement , qui les volait même. Vous me demanderez peut-être ce que la dame blanche pouvait faire de leur monnaie : cette demande , je me la suis faite, et je ne l’ai pas résolue.

a J’oubliais de vous dire que la dame blanche habitait la côte de l’Heute, et que le lieu principal de ses attaques était celui où vous voyez un vieux chêne , dans le tronc duquel on a pratiqué une niche pour une image de la sainte Vierge. Les habitants ignorent à quelle époque cet oratoire végétal a été établi ; mais je sais que lorsque l’écorce en croissant referme trop la niche , ils en ragrandissent l’ouverture. Peut-être est-ce à partir de cette époque, que les habitants de Mirebel, plus rassurés , ne craignent plus la rencontre de la dame blanche. Auparavant , nul ne suivait qu’en tremblant la route de Champagnole. L’ariette Gentille dame n’était pas inventée , et elle n’aurait pas été faite pour elle, puisqu’on songeait plutôt à éviter sa rencontre qu’à l’évoquer. »

— Je suis surpris que mon correspondant n’ait

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