LA PIERRE LITRE BT UNE DAME BLANCHE
longe la forêt de la Fraisse dans toute sa longueur, intéressent directement la question du druidisme en cette partie de nos investigations. On doit comprendre la liaison essentielle qui existe entre la présence des monuments celtiques et les croyances populaires qui circulent et s’entretiennent au sein générations environnantes.
On ne retournerait pas loin, si l’on voulait commencer l’histoire des Nans par ses temps fabuleux ; la mythologie est restée en possession de cette commune jusqu’à ce jour.
Il existe sur le territoire des Nans , au sommet d’une montagne boisée , certain manoir qui n’est qu’un monceau de ruines, mais où une dame verte trouve toujours à se loger.
Il y a, dans les mêmes parages, une autre dame, aussi belle , aussi sérieuse , aussi taciturne que la dame verte, c’est la dame blanche; mais comme elle hante également le vieux donjon de la Berne , on peut conjecturer que c’est la même châtelaine qui change seulement de robe.
Claude-Antoine Bell , originaire de Supt , meunier aux Nans , revenant d’une foire de Salins à son domicile , par une soirée du mois de décembre 1809, et passant par une forêt qui sépare les champs de Garde-Bois de ceux des Nans, se heurU* à une grosse pierre, semblable à une haute borne, et son chapeau lui échappe. Comme il le cherche à tâtons, sans le trouver tout de suite, l’impatience
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lui fait dire : Hé ! le diable me l'a donc pris ! Cependant il le ramasse et se relève. Mais quelle est son extrême surprise de voir, à côté de lui, une * dame vêtue d'une robe éclatante de blancheur!
Il lui parle ; elle ne répond pas ; il lui propose de faire route ensemble, si elle veut bien l'honorer de cette faveur; elle l'accompagne sans mot dire. Voilà nos deux voyageurs en marche, à un pas de distance , l'un à côté de l'autre. Le chemin ne permet pourtant pas d'aller toujours de front ; mais la merveilleuse dame passait par le taillis , par les rejets , par les broussailles , par les ronces , sans s'y blesser , et elle ne répondait toujours rien aux questions du camarade. Âu sortir de la forêt , la fée s'élève dans l'air , se transforme en poussant des cris aigus, et, semblable à la vouivre lumineuse de nos traditions, s'envole au château de la Berne.
On pourrait se figurer que M. Bell , revenant de la ville après bien boire , et peut-être aussi un peu troublé par l'appréhension de rencontrer, de nuit, la dame de la Fontaine Noire, n'a vu que dans son imagination cette belle compagne de voyage ; mais loin de là, M. Bell vous dira lui-même qu'il était pour ainsi dire à jeun , et qu'il n'était nullement préoccupé de la crainte d'une vision surnaturelle , puisqu'il n’avait pas encore ouï parler des apparitions de cette commune , où il ne demeurait pas depuis longtemps. Voilà d’excellentes preuves de sa véracité !