‹ Traditions populaires comparéesChapitre 258 sur 386 · PAN ET LES FAUNES · texte numérisé non relu

PAN ET LES FAUNES

Les éditeurs de THistoire de l’église de B<îsançon (1) ont rendu compte de la découverte d’un bas-relief en bronze, opérée dans les décombres de la Mauriana jurassienne, dont le sujet offre une nouvelle prouve que Pan était une divinité tutélaire de ces montagnes. On y voit un vieux prêtre assis sur un rocher, entouré d’autres prêtres, de deux Satyres et d’un Faune, dont plusieurs tiennent des instruments de musique. Le dissertateur fait observer que les jambes et les pieds de ces satyres, extrêmement gros, donnent lieu de penser que c’étaient des espèces de bottes dont on se servait pour représenter de pareils personnages dans les cérémonies païennes, où l’on en voit souvent figurer. On doit, ajoute-t-il, en trouver dans la consultation d’un oracle de Jupiter Ammon ou de Pan, communément offerts sous des formes approchant do celles des Satyres. Pan était le père de plusieurs de ces monstres , et il passait pour avoir inventé la flûte. C’est l’instrument dont joue ici l’un des Satyres du basrelief. Enfin, Chompré dit que l’on consultait les Faunes , qui étaient de la même famille , pour connaître un secret de l’avenir ; et l’on en voit un , en effet, à côté d’un jeune poète , ou d’un barde qui tient une lyre devant le druide.

Il e.st , dans le Bugey , plus d’une localité qui

(I) Tomr II, cditinn 1750, onlri* l'.Averlisscmeiit l’t lo coi-ps dp l'iiuvram’.

l'AN KT LES FAUNES. 51 1

vit jadis honorer des dieux venus des bords du Nil jusqu’à nous, en passant par la Grèce et par les colonies qu’elle a jetées, tant sur les côtes de l’Asie que sur celles de l’Europe. De ce nombre était sans doute Pan, hameau de la commune de Groissia, voisine de notre ville séquano-grecque d’Isernodore et A' Alex, autre hameau qui porte également une dénomination hellénique. Dans cette antique peuplade de Grecia, citée dans les anciennes chartes, on a découvert en 1790 et 1797 de grands et de petit anneaux de bronze qui ont été à l’usage des peuples de la plus haute antiquité.

Or, dans les mythes, dans les vieilles traditions des tribus pastorales de la contrée môme dont nous venons de prononcer les noms , on voit presque toujours apparaître un personnage, velu des pieds à la tête, aux pieds de bouc, au front cornu. Le premier exemple à citer est assez près : j’en atteste la Revue Sébusienne qui se publiait à Nantua en 1839, où M. C. fit alors publier une tradition locale recueillie à Brénod. Pour mon second exemple, je le tirerai du bas - relief qui sert de couronnement à une porte latérale de Saint-Paul-de-Varax en Dombes, bas-relief qui fait allusion à une circonstance de la vie de saint Antoine , ermite , à la recherche du vénérable Paul, solitaire comme lui, et qui porte ces mots : Abbae querebat Paulum, Fau~ nueque docebat. Au-dessus de cette inscription en lettres onciales, on voit en effet un Faune servant

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