LE PETIT HOMME ROUGE
sin d’où il était venu; de sorte qu’il ne fut pas vu des grandes personnes du lieu.
Les bambins ne purent rendre un compte bien lucide de ce qu’ils venaient de voir, encore troublés qu’ils étaient d’une chose si étrange 1 Le nain rouge ne leur avait point parlé ; il ne leur avait pas fait de mal ; il s’était contenté de leur faire la grimace et de se jeter sur leur pain, comme s’il eût été affamé.
Il n’est pas surprenant que des personnes qui se trouvent seules, voient des choses toutes merveilleuses, suivant les dispositions particulières de leur esprit ; mais, quand toute une foule s’accorde à attester le même fait, ce témoignage prend de la valeur, et nous devons nous rendre à l’évidence.
Pour cette fois , il nous reste donc acquis que l’apparition d’un petit être en habits rouges est vraie. Il est évident qu’un singe , échappé des mains de quelque saltimbanque s’était enfui dans le bois; que le besoin de manger l’avait fait sortir de là pour venir au hameau le plus prochain, et que, sous sa carmagnole et son pantalon rouges, il avait été pris pour un petit homme par des enfants qui n’avaient aucune idée de cette espèce d’animal.
On n’a pas revu le petit homme rouge, qui aura regagné d’autres forêts, ou sera mort de faim dans quelque creux d’arbre.