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PRÈS DES ROCHES REMARQUABLES

parfaitement depuis le village de Dampjoux, où l’on m’a fait voir l’emplacement d’un ancien prieuré détruit, et le chemin des Prouveires (i).

Nous sommes sur la route de Montbéliard : poussons une reconnaissance vers ce chef-lieu du pays d’Ajoie (2) , où nous croyons discerner quelques indices du culte de Bel : 1“ dans le rocher à pic sur lequel le Bas-Empire a vu bùtir le Château de Montbéli-ard (3) et auquel on arrive par une rue qui porte le nom de l’Aiguillon (4); 2“ dans le nom de l’abbaye de Belchamp , qui fut sous l’invocation de Notre- Dame ; 3" dans une forêt de chênes du Mont-Odri , à Bavans , où l’on suit une longue rangée de pierres brutes qui formait peut-être l’enceinte sacrée duMont-Bard; si toutefois M. Masson, qui était du pays , a eu raison d’en faire la montagne des Bardes. Bard et Bavans ne sont séparés que par le Doubs de Dampierre , village très-ancien qui fut témoin do la mort de saint Mainbeuf, martyrisé par les Vandales, et qui reconnaît saint Pierre pour le patron de la paroisse.

La proximité des lieux m’engage à faire une excursion à Saint-Ursanne (5) , situé à la grande

(1) Prouveires en vieux français, prêtres.

(2) Département du Doubs.

(3) Ce nom se latinise aisément en Mon» Beli arduu», le mont aigu de Bel.

(4) En 1249, Thierry de Montbéliard fonda un hôpital au pré à,’ Aiguillon. (£pA. du C. de Mont, introd. , p. 33).

(5) Cart. de Bâle , autrefois de la Kaurarie.

courbure du Doubs , aux confins de la Séquanie proprement dite. Cette petite ville est entourée de sites vraiment dignes du crayon des artistes , soit qu’ils s’exercent à rendre ces grottes presque inac. cessibles et ces rocs armés de pics aigus , où saint Urcissin, après avoir laissé sa crosse abbatiale au monastère de Luxeuil, vint, pendant les guerres de 610, chercher un asile, afin d’y mourir en paix; soit qu’ils reproduisent l’architecture du cloître du couvent fondé par saint Vandrille (1), et surtout le curieux frontispice de l’église, où un sculpteur original a groupé des figures de saints et d’anges à têtes d’animaux. Là, dans le cadre principal, siège le Père Eternel entre saint Pierre et saint Paul , objets de la dédicace (2). Là se fait aussi remarquer une vierge assise et tenant son fils sur ses genoux , dans l’attitude d’une Isis. De Saint-Ursanne on aperçoit , à un quart de lieue à l’est de la ville , et, dans le flanc méridional du Mont-Terri ( dont on a fait de nos jours , plus poétiquement , le Mont-Terrible), une aiguille très-remarquable , que l’on prendrait de loin pour une grande statue de la Vierge portant l’enfant Jésus dans ses bras.

D’ici nous pourrions, en prolongeant un peu notre excursion, aller contempler près de Moutier- Grand-Val , l’énorme rocher sphérique que décrit

(1) Perreciot. Alm. du corn, de Bourgogne, pour 1789, p. 136.

(2) L'rglisc a été placée sous l'invocation de Sl-lVrissin , depuis rinhumnlinn de ce solitaire par saint Vandrille.

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