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PHÈS DES ROCHES REMARQUABLES

lieux , auraient passé aux religieuses de Château- ChâloD , comme les biens d’autres établissements du paganisme ont passé aux chevaliers du Temple?

C’est ainsi que nous trouvons l’antique monastère de Charnon , dédié à la vierge Marie , presque en face d’un aiguillon de rocher, haut de trente pieds , qui domine le hameau de Billien (1), et se détache nettement sur les arbres d’une montagne dont une partie a retenu la dénomination très-significative de Paffan. Il y a, contre la roche escarpée (jui supporte les ruines de l’abbaye , un autre colosse de pierre dont l’aspect n’est guère moins remarquable quand on le prend du sentier de Maizière à Nevy. L’existence de ces deux aiguillons, dont l’un paraît avoir été le simulacre d’un dieu , et l’autre celui d’une déesse , explique peut-être le motif de la consécration de l’église abbatiale à sainte Marie , et de l’église paroissiale à saint Pierre.

C’est ainsi , dirons-nous toujours, que tout près d’une superbe saillie de rocher , gigantesque , isolée , qui attire les regards au-dessus du vallon de Marnoz (2), vous rencontrez encore un couvent sous le titre de Notre-Dame. Ce couvent fut celui que saint Bernon substitua , vers la fin du X® siècle,

(1) Dans les environs de Redon, on donne le nom de Bèlion à ees blocs druidiques trop courts pour être des menhirs , quelquefois à CCS derniers. (Ann. de la Suc. acad. de .Vantes , t. ni , note p. 169.)

(2) Département du Doubs.

57i KTARLISSEMENTS CHRÉTIENS

au Chàteau-sur-Salins , qu’avaii construil Gérard de Roussillon.

Sainte Marie reparaît encore à l’abbaye de Bauine-les-Dames , et saint Pierre dans les églises de Cour et d’Hièvre , au milieu d’une contrée pleine de grottes et de beautés naturelles , où vous ne suivez pas les rives tranquilles du Doubs sans vous arrêter étonné sous les masses pittoresques et les pitons menaçants du Treux de Notre-Dame , du Grand-Crucifix sous un nouvel aiguillon de rocher et sous le Fatdenil de Gargantua auquel vous pourriez volontiers comparer la chaire d’un saint Pierre grandiose (1).

Passons de Baume à la montagne du Lômont. La plus ancienne église des environs de Pont-de- Raide est celle de Châtel-Julien , désignée en 1040 et 1 1 43 sous le titre AQSancta Maria in Castro (2): elle est voisine do Clément , pays de féeries dont nous avons déjà parlé à l’occasion de la Dame werte; c’est là quej’ai remarqué, dans la pented’une côte boisée , un aiguillon de rocher qui s’aperçoit

(1) Cc.s noms sc comparent naturellement au palet, i la galoche , à \a cuiller de Gargantua de Pile d'OIcron , sur le chemin de Dolus à St-Pierre, et |>eul-êtrc , suivant .M. le baron Chandruc de Crazannes , ce St-Pierre n'cst-il lui-même qu’une de ces pierres saintes du druidisme, que les premiers prêtres chrétiens auraient baptisées d’un nom catholiciue. (Mi’tn. delà Soc. roy. dee ont. de Fr., t. iv , p. 483). Il y a, dans les Pyre'nécs, beaucoup de ces saintes pierres auxquelles les pâtres imposent des noms analopies.

(2) .\1. du C. de Bonri;. pour 1789, pages 102, 103

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