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LES NAINS OU JURA

« Si VOUS doutez, dit-il, de tous ces faits, attestés par nos aïeux qui les ont vus , vous ne nierez pas l'existence des follets ou lutons ; car il y en avait encore, il y a quelques années, dans les fermes de Chanvans , près de Mouthe , et sur le sommet du Rizou. Ce sont eux qui nous ont enseigné l’art de fabriquer en toute perfection ces excellents fromages de crème que vous mangez avec tant de plaisir, et qu’on ne fait nulle part aussi bons que là. Ce sont les lutons dont les soins affectueux font toujours prospérer la ferme : ils en sont les bons génies.

« Ces nains, ajoute M. Munier , habitent les endroits retirés, des antres , des trous de rochers, des fermes isolées. Ils paraissent à l’Ascension. Dès que la neige est tombée , ils s’échappent et se cachent dans leurs retraites avec des provisions choisies , qu’ils ont su dérober. Ils aiment le fromage , la crème , le lait. La bonne ménagère leur donne toujours la première part, car ils sont très-serviables. Ils battent en grange toutes les nuits, ramassent des fagots de bois , fauchent les prés quand tout le monde dort , aident à tous les travaux de la campagne. On les voit, le soir, danser au clair de la lune; mais, dans ce cas, comme dans tous les autres , il faut les respecter, car ils sont très-espiègles. Surtout il faut bien se garder de leur faire des niches, comme ce [)aysan qui chauffa le roc où un de ces nains aimait à s’asseoir ; et comme cet autre

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