‹ Traditions populaires comparéesChapitre 305 sur 386 · LES NAINS DU JURA · texte numérisé non relu

LES NAINS DU JURA

villageois qui scia la branche d’arbre où venait percher un luton. A partir de ce moment, leurs vaches ne donnèrent plus de lait ; leurs champs ne donnèrent plus de moissons. »

Voici une autre histoire qui se débite sur la ferme de Poutin, à la mine d’or, près des Planches (1), un des villages les plus pittoresques du Haut-Jura. Vers l’an i820 , résidait dans la grange que nous venons de nommer ( et peut-être s’y trouve-t-il encore) un domestique invisible, petit luton qui prenait un soin particulier de la case. Il se tenait sous les combles. Pour entretenir ses bonnes dispositions , les filles du métayer ne manquaient pas de lui porter, tous les matins, une écuelle de lait frais , qu’elles déposaient au bord du soulier, c’està-dire à l’entrée du fenil. Un jour, ces Jeunes filles, préoccupées de quelque autre souci plus personnel, oublièrent leur offrande accoutumée : le pygmée s’en offensa; et, pour ne pas leur laisser ignorer son mécontentement, il prit à pleines mains des pois dans un sac au grenier, et se mit à les jeter en l’air.

Ces pois tombaient de toutes parts comme la grêle.

(1) Puthinus était un fameux métallurgiste qui vivait sous le règne d’Auguste dans les Gaules méridionales , et travaillait sous le commandement de Munacius Planeur. Je croirais volontiers que la composition du potain lui doit son nom. Les roches des Planchtr fournissent quelques indices d'or qui ont pu tromper les Romains, puisqu'ils ont trompé les modernes. Pourrait-on demander maintenant si la grange de Poulain nous a conservé le nom de Polhinut et si les Plancher ont conservé celui de Planeur ?

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