CHAPITRE LXXXIX
LES NAINES
ht peuple le« ippelle : Patut cmcLCt , cerclet de fée , et lee croit formée pàT lee daneei noetumee de« lutine. Leroct^iKt'i.
Les rives de la Valouse au canton d’Arinthod(t), où nous avons déjà plus d’une fois signalé des merveilles, ont encore d’autres lieux qu’affectionnent les croyances populaires.
Parmi les êtres fantastiques auxquels s’attache toujours la crédulité de quelques habitants de Cornod et des environs , on doit distinguer certaines petites demoitelles blanche» qui fréquentent le pré de l’ile, ainsi nommé de ce que la Valouse le contourne en grande partie. C’est sur le vert tapis de la prairie , que ces naines au gentil corsage , ces nymphes en miniature , viennent prendre d’innocentes récréations, avant le lever du soleil, au moment où les vapeurs de la terre semblent les porter. On les dit aussi légères , aussi transparentes
(1) Département du Jura.
LES NAINES
que le brouillard même; et l'on est heureux de les voir former leurs rondes, ou se poursuivre en riant.
Une dame spirituelle, M“* Palmyre M-L., à qui nous devons ces détails, et la plupart de ceux de ce genre qui concernent le canton d’Ârinthod qu'elle a longtemps habité , m’écrivait en 1 849 : a Un de nos domestiques , nommé Félicien , étant allé conduire les chevaux au pâturage du pré de nie, vit, à l'aube du jour, les petites demoiselles blanches. C'était au temps des fenaisons. On avait élevé des meules de foin dans la prairie ; et les mignonnes sylphides dansaient autour , si légèrement, d'une manière si gracieuse , que c’était merveille. Notre bon Félicien en était ravi au suprême degré. Il nous revint avec un air d’enchantement inexprimable , et nous dépeignit , de son mieux , la beauté , la gentillesse , la nature diaphane de ces petites créatures du bon Dieu ; tant il y a qu’il en était devenu amoureux sur le champ. Il en aurait volontiers demandé une en mariage, si par leur rang, par leur élégance , par les diamants de toutes couleurs qui brillaient sur leur front, à leurs doigts, à leurs bras, à leur cou , à leur ceinture , il n’avait pas senti combien elles étaient au-dessus de l'espèce commune , et s’il n’avait pas craint de se faire passer pour un fou. »
Il existe sur la commune de Thoiria (1) une
(1) Département du Jura.
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grange des Naines , qui pourrait bien devoir sa dénomination à des fées mignonnes , de l'espèce que nous venons de dépeindre. Nous ne l’affirmons pas, seulement , nous savons que ce lieu est situé sur une montagne où l’on va visiter des cavernes immenses, dont les couloirs conduisent , assure-U)n , jusque sous la petite ville de Clairvaux , mais qu’il serait imprudent de parcourir dans toute leur longueur qui est de cinq à six kilomètres.
CHAPÏTRE XC.
LE LlTOiN DES VOYAGEURS.
I) y «vaU eotrc lc4 on démon qui **r nomnuiT llaa*(iv»t&{ aro m; itôX»; , Jémoo Inictrar n aKTMscur de* hommes; de U Tient le nom de ou Lcittos
( Le Lotkh , p. 2S. Des Speeim ).
Chez les anciens Grecs, il y avait un malin génie qui essayait les forces de tous les hommes qu’il rencontrait ; et Strabon parle d’un esprit des Brutiens qui se colletait avec tous les étrangers arrivant à Thémèse. Le savant géographe rapporte que cet esprit lutteur avait été un des compagnons d’Ulysse, et qu’il avait porté le nom de Palites de son vivant.
Ainsi, les Grecs d’Italie avaient fait connaissance avec ce genre de génies contrariants et bataillards, qui avaient sans doute pour mission de mettre à l’épreuve la patience des voyageurs. Il parait que cette connaissance dataitdéjàde l’Orient.
Il y avait même des anges du Seigneur chargés — dans un but important — de pareilles épreuves , à