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ESPRITS ET SERVANTS DE CONDES

inimitable , incompréhensible, dont on ne peut raisonnablement se rendre compte que par l’invasion et la turbulence des esprits.

Plusieurs d’entre eux — on pourrait même dire le plus grand nombre — sont si espiègles et si trompeurs de leur naturel, que les habitants de Gondes se méfient d’eux tant qu’ils peuvent. Ils ont été si souvent leurs dupes ! Un jour , un jeune enfant étant tombé dans la rivière d’Âin criait au secours; mais des gens qui entendaient ces cris de détresse , sans voir le petit malheureux aux prises avec la mort, ne bougeaient point; ils se disaient entre eux : r< Ce n’est rien , c’est l’Esprit qui tend un piège à notre crédulité , et qui croit encore nous y prendre. Connu!... » Ils se gardèrent bien de donner dans une pareille mystification : l’enfant périt.

Mais ils sont mieux venus du Servant invisible de leurs écuries , qui prend un soin d’autant plus affectueux do leurs cavales, que ses services sont plus désintéressés. Seulement, il faut éviter de parler de lui sur le ton railleur , car il n’entend pas la plaisanterie. La santé , la prospérité du troupeau dépendent beaucoup des égards qu’on a pour cet obligeant serviteur. Surtout ne cherchez pas à débrouiller les petites tresses dont le Follet s’amuse à orner les crinières des chevaux ; ne dites même pas que vous en feriez bien de pareilles ; ne coupez pas ces nœuds mystérieux : la pauvre jument péricliterait à vue d’œil ; elle périrâit dans l’année. Ne

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