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LES FOLLETS , PASTEURS I>E GILLET

veraine des seigneurs de Gilley (1). La poésie hantait en ces contrées le castel féodal (2) ; la jxiésie se cache encore aujourd’hui sous les sapins et les hêtres qui jettent de l'ombre sur les pâturages de la commune ; car , n’est-ce pas toujours de la poésie que ces esprits-bergers qui prennent tant de souci des troupeaux , dans les lieux signalés d’ailleurs par leurs curieuses croyances et par leurs sites pittoresques.

On dit que les follets s’y promènent par bandes au milieu des bestiaux , parmi lesquels chacun d’eux fait choix d’une tête. Il porte à cet objet de prédilection tous les soins attentifs dont un père est capable pour son enfant. Dès ce moment , la bête est toute à lui , comme il est tout à elle. La passion du servant pour son lo va si loin qu’il dérobe aux autres membres du chalet quelques brassées d’herbes fraîches, afin de les lui offrir. Au rapport de MM. Willemin (3), il la polit si bien , il la caresse tant de ses ailes veloutées , il murmure à ses oreilles de si douces mélodies , que , quand son lutin n’est pas là , la pauvre bête beugle : il lui manque quelque chose. C’est alors comme un clocher sans cloche, une fleur sans parfum , un cœur sans amour.

(1) Ils jouissaient du droit régalien de battre monnaie.

(2) Deux de ces seigneurs, au XVI* siècle, ont cultivé les Belles- Lettres avec succès.

(3) HUt . du Prieuré de Marteau , p . 20A .

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