‹ Traditions populaires comparéesChapitre 342 sur 386 · CHAPITRE CXm · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXm

LA CH AL’CIIE- VIEILLE OC CAUCHEHAlt.

On n« pa» trop au XV* siècle ce que c'euit

que le cancbemar qu'on appeUil auiui chauche-Poulri On en fU un monalre c'était un mojien prompt «le reftoudrc la difficulté.

Hier. oiria!«AL

Dans le partage général qui se Ut au berceau du monde , des divers attributs que devaient avoir les Eons et les fées, il y eut un démon femelle à qui fut dévolu le lot dcîs terreurs nocturnes, de l’angoisse et de la suffocation, c’était la Chauche-Vieille.

Tel est le nom que le peuple du Bugey et celui de la Bresse voisine de Lyon (1) ont imposé à l’Incube qui va nous occupt;r ; eu Franche-ComUi , la Chauche-Vieille est redoutée sous celui àcChauce- Paille; nos vieux romanciers qui la comprenaiciil dans le nombre des monstrueux fantômes de la nuit, l’apjMdaient Chasse-mare ' 'i'\ •, pour le peuple [>éri-

(I) Méuagc (lit CftiicAc-ridHc.

du vicujc luiiijagi

<Î82 LA ('.IIALCllE-VIEILLE Ol' CAUCHEMAR.

gourdin , cet accident est un esprit malfaisant qui passe par le trou de la serrure ol vient so jeter sur les gens quand ils sont endormis; il [X)rle dans le Périgord un nom semblable à ceux que nous venons de citer, celui de Chauco-Vieillo. Puisqu’il faut enfin en venir là, Cauchemar est aujourd’hui son nom dans le dictionnaire de l’Académie.

Un des érudits de nos jours , M. Coquebert-Montbret, a publié (1) une dissertation sur l’étymologie du mol cauchemar : il y démontre que ce ternie a sa racine dans la langue suio-gothique , parlée dans le nord de l’Europe , et qu’il a été probablement introduit chez nous par les Normands, comme le Nigtemar l’a été dans les îles Britanniques , j)ar les Anglo-Saxons.

L’Anglais et le Français lui ont fait perdre le genre féminin avec lequel il était né ; mais le patois de nos provinces ne l’admet pas au masculin.

C’est [lar suite d’une équivoque (carie mot mahu en Tudesqui' veut dire une haridelle ou une jeune fille ) que l’on s’est peint le nigtmar ou le naetmar sous la figure d’une cavale, qui, dans la nuit, vient s’appesantir de tout son poids sur le scinde l’ homme, equa calcans. « Mais , dit plaisamment M. de Montbret, outre qu’il n’est pas bien naturel de sc représenter une jument à cheval .sur un homme, je n’aime pas ces mots hybrides que l’on suppose couqiosés d<*

I) Mvm. tlt iu Sot. roy. des ont. ttv Ff.

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