K'V ADDITIONS
rOl'R l,F. I.IVRE II.
.\près le Cliapilre IV , Séjour de la dame f'erlo dans la Séçuanie , p. 2()0, placez le chapitre suivant :
LA DAME VERTE ET l'hOMVIE AUX ÉTOUPES.
Pui», dan» le» nuit» d'hiter * la l 'Ogu<< veilNr A M femme, a m>» flia, famille emorTOillée,
On l'eDlendra aouvent. dan» m ru»liqur f»i,
Cnnter la tition qui lui ttl lani d'emui . l.e» «lame» du \allnn d'un lin voile couverte» .
Leur» beau» cbcveui ttollanl», leur» belle» roha* \crle* O. nr. Mavcv.
Le Val-(le-Salius(l),(léjàsi mythologique par son irnlh; spécial du soleil , connaît aussi l’aUrayante Daine Verte qui semble y retr.icer le souvenir de la Diane du pays.
Sur le territoire de Pont-d’Héry , par exemple, au bout des Côtes-Bernard, elle a une chambre dan> les bois d’Andelot. Celte chambre de la Darne Verte, c’est une grotte.
I) nt'|)»rli'mi'nt dti.liira.
7H0 NOTES ET AUDITIONS
Lu belle dame lu quitte assez souvent pour venir à la promenade sur le grand chemin , et elle ne s'\ rend pas inabordable. Un habitant de la commune d’Andelot , à qui son âge de 50 à 55 ans n’avait pas encore inspiré toute la retenue désirable , ayant un jour- rencontré cette beauté qui remettait sa jarretière, ne s’avisa-t-il pas d’aller lui offrir ses services? 11 ne porta pas loin la peine due à sa mauvaise plaisanterie.
Cet homme avait un nom que l’on croirait inventé à plaisir: on l’appelait Badaud, bien qu’il eu eût un autre; mais comme on trouvait Badaud plus pittoresque et plus drôle que Cougin , c’est Badaud qui avait prévalu.
La Dame Verte trouva bon de s’amuser aux dépens du vieux farceur ; et , feignant d’agréer son offre , elle lui proposa une petite promenade à l’ombre des taillis et des futaies. La promenade, acceptée avec un empressement plein d’espérance, fut un peu rude. La dame qui avait pris le bras de mon lourdeau sous le sien , et qui le lui tenait vigoureusement serré , se dirigeait par les épines, les broussailles, les marais, les flaques d’eau, sans avoir l’air de s’en apercevoir. pauvre malheureux demandait grâce ; et alors la complaisante dame le faisait trotter par les terres labouiées , ou sur des rochers armés d’aspérités sans nombre.
Pour comble de malheur, il avait acheté des étoupes qu’il em|)ortait à la maison. « Filons ici tes
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DU LIVRE SECOND
étoupcs, mon ami Badaud, lui disait-elle, filons tes éloupes. » Et partout les étoupes restaient cardées sur les ronces ou suspendues aux branches d’arbres. Filons, filons, répétait-elle. Et ils filèrent si bien et si longtemps, que, sur le dos du porteur, il ne resta pas une seule mèche ' d’étoupes pour la montre.
Badaud rentra chez lui un peu désenchanté *, et les femmes de son village, heureuses de pouvoir citer ce bel exemple , le racontent encore à leurs maris, quoique le fait date au moins d’une cinquantaine d’années.
La noble Dame Verte favorise de ses apparitions les habitants d’Aresches et de Thésy, aux environs de Salins. On la reconnaît à de semblables expéditions. La fontaine d’Alon, voisine des Champs-Chrétiens, la voit fréquemment. A la veillée, on raconte la leçon un peu sévère qu’elle donna particulièrement à un jeune présomptueux , nommé le Petit Poulely qui avait porté la témérité jusqu’à la saisir par la taille, pour batifoler avec une divinité inconnue, comme il eût pu faire avec une de ses connaissances. Il s’était attiré , l’étourdi , des turlupinades sans fin , dont il s’était fort mal trouvé , et qui ont laissé de son opprobre un éternel souvenir sur ces montagnes.
Nous ajouterions bien à ces récits moraux d’autres aventures de la même fée; mais nous devons y mettre un terme : sans cela , nous aurions encore parlé d’une pareille Dame Verte qui s’amuse aussi
NOTES ET ADDITIONS
aux dépens de la jeunesse de Seillières et de Vers (1), sur les bords de la Braine, dans une prairie qui sépare ces lieux.
On voit que partout la déesse des verts bocages et des vertes campagnes , tout en s’exposant de gaîté de cœur à ces manquements de respect , entend que les familiarités des amateurs ne sortent pas de certaines limites. Aujourd’hui que nous sommes si loin de la croyance à Diane , nous ne saurions décider si la chasseresse était coquette et prude , ou si elle n’affectait cette franche gaîté que pour faire comprendre qu’elle peut très-bien s’allier à une véritable vertu.
Au Chapitre VII. La reine Berlhe et la reine Pédauque, p. 272 , ligne 12, ajoutez :
Revenons à la Berlhe Pepiu-le-Bref, qui n’csl pas toute fabuleuse puisqu’on voyait, avant 1793 , à l’abbaye de Saint- Denis, son tombeau de 783, portant cotte épitaphe : Berta , mater Caroli magni. Suivant les romanciers , sa mère se nommait Blanche-Fleur comme une fée , et son père Flot'us , comme on dirait d’un fils de la déesse Flore. Le poète lui donne les épithètes de déhon-
(1) Dépai'temnil du Jura
DU UVRE SECOND
naire^ly, de blonde et à'eschevie (à la belle chevelure). 11 la représente dans la baraque d’un bûcheron, occupée à filer pour payer l’hospitalité qu’elle y reçoit, et filant si bien que son fil est trèsrecherché à la ville voisine, où on le porte vendre. « Ses persécuteurs, dit M“* Celliez (2), selon les variantes d’une Berthe allemande, lui avaient laissé un coffret qui contenait ses fuseaux, avec l’or et la soie qu’elle filait sous le toit royal de Flore. Ce trésor lui sert dans son malheur ; elle emploie l’or et la soie du coffret à faire des broderies merveilleuses qui se vendent un grand prix. »
Il y eut aussi sur le trône de France une Berthe de Hollande qui fut la première épouse de Philippe Son père portait un nom presque identique à celui du père de la première Berthe : c’était Floriê ^ comte de Frise. Sa mère était Gertrude de Saxe. Il semble qu’à ce nom de Berthe , encore tiré de la Germanie, le mythe prenne toujours plaisir à se rallier : ce Floris et ce Florm , deux pères de deux Berthe , nous portent à le soupçonner, bien que l’histoire se mêle ici de la discussion. Aussi , Dieu nous garde d’insister plus longtemps sur ce dernier exemple.
(1) Lu meilleure et la plus belle i|ui fùl par lUIà lu mrr. Il était reste dans l’idée des peiipb"; que Berte venait d'outre-mer , ee qui rappelle bien le souvenir de In déesse Hrrir , demenrani dans une ile de la mer Baltique.
(?) /.es /feines de Freiner , p
NOTES ET ADDITIONS
Même page , ajoutez à la note :
« La reine Bcrthe, veuve lic Rodolpbe II, dil M. de Lalcyssonnière , épousa Hugues , roi d'Italie ; mais elle continua de résider dans la Bourgogne jurane. Ses peuples ont conservé longtemps le souvenir de sa domination toute maternelle. »
Ibidem. Page 273 , ligne 3 , ajoutez en note après la ronde du fueeau de Berthe à Payeme :
H est très-remarquable <{uc Berlel signilie fuseau, en ancien langage français ou du moins en patois du Bas-Languedoc. Le peulvan de Sainte-Hélène ( département de la Lozère) est appelé loi< berlel de la» fadas , le fuseau des fées, dit M. Alfred Maury. Le rapport entre Berthe et berlel est on ne peut plus sensible. A-t-on donné le nom de berlel à l’instrument de travail favori de la reine Berthe . parce que cette reine filait au fuseau ? O'esl assez probable.
Au Chapitre X. Ma mère l'Oie , p. 281 , ligne 8 , ajoutez :
N’oublions pas de faire remarquer que « par un singulier scrupule de religion, comme dit César (1), les Bretons ne mangeaient ni lièvres, ni poules , ni oies., ce qui ne les empêchait pas d’en élever pour leur plaisir. »
Au Chapitre XIX. Les Meyiar et les Maïr, p. 319, ligne 20 , ajoutez :
Les déesses mères ont été quelquefois, dil M.
(1) />r Bclhi lih V. 12.
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Maury , désignées simplement par l’épithète de vierges , comme dans cette inscription ( rapportée par Gruler) :