LE PÉGASE DF. FONCINE
de l’ile de Sena et par tous les dmide.s, considérés comme des personnages vénérables par leur vieillesse et par leur sainteté (1). Puis nous ajouterons que les deux villages de Foncine abondent on traditions et en usages si antiques et si curieux, qu’on ne doit faire aucun effort pour en reporter la nais- ■sance à la période gauloise.
Mais, pour en revenir à Pégase , qu’on me permette une excursion aux lieux qui l’ont vu naître. Remonter à la source des grands fleuves de l’Asie, c’est toujours remonter à la source des traditions universelles ; et le cheval blanc leur appartient.
C’est là que nous trouvons les mythes de Pégase, de Crysaor, de Bellérophon, de Persée, que fes Grecs ont brodés sur un canevas purement géographique. Or, ils ont pris quelques ligures peintes qui représentaient les particularités statistiques de ces régions pour des figures sacrées, et comme, — suivant le génie poétique des artistes de l’Asie, — les villes, les provinces, les royaumes étaient personnifiés avec des attributs propres à les caractériser, ils ont pris les choses au pied de la lettre, et ils se sont plu à créer des aventures à ces images.
Désirons-nous savoir , par exemple , ce qui a donné lieu à la fable du cheval ailé , que les poètes et les peintres de tous les temps nous représentent à la cime d’une montagne? Le voici.
(t) Flii- Jiiliiimiruii.
LF. PÉGASE DE FONCIME. 97
Rien de plus réputé dans l’histoire que la cavalerie des Parthes , et, dans la géographie moderne, que celle des Tartares ; le fait n’est pas contesté. Eh bien ! un usage qui est particulier aux Usbeks du royaume de Karasme (pays des Parthes) explique tout : ces Tartares se servent d’oiseaux de proie pour la chasse aux chevaux sauvages ; ils les dres* sent à saisir l’animal par la tête ou par le cou , et tandis que l’oiseau le fatigue sans que l’adversaire puisse lui faire lâcher prise, les chasseurs ont toute facilité pour s’emparer du coursier des déserts (1). On avait, sans doute, vu dans un tableau de cette chasse curieuse, les ailes déployées sur le garot du cheval ; on avait vu le cheval se cabrant et courant pour se débarrasser de son ennemi , et l’on a fini, en reproduisant ce dessin mal compris, par ne garder do l’oiseau que les ailes , et par les attacher immédiatement aux épaules du quadrupède même. Voilà Pégase, voilà la noble monture aérienne dont la poésie a tiré un si grand parti.
Les Scythes, dont nous sommes la postérité, adoraient le dieu des armes sous la figure d’un cheval (2). On a trouvé dans les îles de Sayansk et d’Abaskans, où les Scythes du Caucase ont bien pu les porter, des traces du culte du cheval et d’un dieu cavalier, que l’on a donné pour une divinité desOstiaks.
(t) Jen Kinson. Hist. dei Turcs et des Mongols.
(2) Dirtimi. des Mgthologies.