RÉSIDENCES DE LA VOUIVRE
Il ne conviendrait pas d’oublier non plus la Vouivre qui partage sa vigilance entre le manoir que Tristan de Chalon érigea sur Orgelet et le vaste château de la Tour du Mai (1), où venait s’égayer un abbé de Saint-Claude , forcé par le calvinisme d’abandonner le siège épiscopal de Genève; ni celle qui a fixé son impérissable résidence dans le donjon quadrangulaire de Dramelay (2), d’où sortirent jadis et connétable de Bourgogne et grandmaître de l’Ordre du Temple ; ni celle qui s’ennuie à contempler des forêts interminables de sapins ^ du haut de Gbâtel-de-Joux (3); ni celle de la fontaine de la Corbière, à Lonchaumois(4), qui fut assez célèbre dans le temps de la crédulité, même depuis que ces pays sauvages ne sont plus infestés de loups-garoux ; ni celle qui garde un trésor dans le communal du Pré du seigneur de Fraroz, au Val-de-Miège (5) encore tout plein des souvenirs du druidisme , et qui n’en sort qu’une fois par an , le jour de la Chandeleur ; ni celle enfin que l’on crut voir, il y a peu d’années, planer dans les airs en plein jour, non loin des ruines féodales du Revermont (6) ; mais qui , n’étant qu’un cerf-volant très-éphémère lancé par des écoliers
(1) Arrondiss. de Loiis-le-Saunier.
(2) I(Um.
(3) Pt(4) Arrond. de Saint-Claude.
(5) Arrond. de Poligny.
(6) Département delWin.