LES DRAGONS UE DUNG, ETC
lementque, depuis cette époque, les descendants de ce brave — chez qui du reste il existe, au foyer, une plaque en fonte où sa victoire est représentée — sont exempts de contributions : il n'y a peut-être, dans cette commune, que le percepteur, le maire et les répartiteurs qui n’en soient pas persuadés.
Le souvenir de cette conquête hardie est encore aujourd’hui haletant de terreur; et le conducteur de la diligence de Pontarlier à Neuchâtel, homme public incapable d’en imposer aux étrangers, a de ce monstre une idée si précise qu’il vous dira, comme à moi , que le dragon du défilé de Saint- Sulpice avait une gueule à avaler ses deux chevaux en travers, sans les mâcher.
Businger et Zelger, cités par M. Depping, rapportent des histoires aussi véritables sur Under- Wald (1). M. Raoul-Rochette en répète d’absolument identiques sur le Drachen-Ried , sur le Drachen-Lock, d’autres quartiers de l’Helvélie (2) ; et les Tite-Live de la contrée n’assurent pas le fait avec moins de conviction que l’ancien Tite-Live n’affirmait la défaite d’un monstre semblable sur les bords du Tibre.
Il y a bien d’autres lieux, même en France, où le dragon s’est laissé prendre. Il traîne encore sa longue queue à Beaucaire et à Tarascon ; il ouvre sa
(1) Lu Suiëir , (. III , p. 179.
(2) Lettre» sur tu Suisse, I. iii, p. 127 el suiv.