‹ Traditions populaires comparéesChapitre 99 sur 386 · A LA MONTAGNE DE LHEUTE · texte numérisé non relu

A LA MONTAGNE DE LHEUTE

lages qui semblent rappeler dans leurs dénominations le nom de la divinité locale, savoir : Champ- Melin et la Combetie au Beau. Mélen ou Belen sont le mémo terme , suivant Bullet; et £eau n'est que le nom de Bel rendu en français, suivant Courtde-Gebelin , qui veut que Bal , le soleil , soit le type primitif de tout ce qui est beau. La dénomination de Prince-Belin distingue un canton de bois du territoire de Crotenay , non loin do la céte de Lhcute (1).

Il y avait deux Châtel^Belin en Franche-Comté : l'un était au sud , dans le prolongement du chaînon de Lheute , sur le territoire de Largillay ; l'autre était au nord , dans le prolongement du même chaînon , sur le territoire de Salins. Le village de Bléneÿ , dans la plaine de la Combe d'Ain, est voisin du premier ; le village de Bleigny, dans la céte Beline, est proche du second. Tous deux ont , dans leurs environs , des lieux nommés Beau~ regard.

Sur la sommité de Lheute , comme sur celle de Chàteau-Chalon, nous retrouvons les tas de pierres votifs qui indiquent le lieu où s'accomplissaient les actes de religion pour lesquels les premiers habitants de la Séquanie venaient à cette sainte montagne.

Le 36 novembre 1832, je gravissais le cété

(I) Cartr de l'cl.'it- major dr la Fraurr.

19i AUTRE FÊTE DU S©Lm

oriontal de Lheule couvert d’une épaisse forêt de chênes, lorsque mon guide me conduisit à un grand monceau de pierres de la forme absolue d’un cône tronqué, pouvant avoir à sa base trente mètres de diamètre. Du côté de la pente de la montagne, sa hauteur était d’environ sept mètres, et du côté opposé, l’entassement s’élevait peu au-dessus du sol. Sa distance du bord de Haute-Roche était de vingt mètres. La mousse recouvrait ces pierres , et des broussailles y plongeaient leurs racines. Le cône était creusé en cratère , je ne sais pourquoi. Ancien tombeau sans doute, il avait pu être fouillé. Cambry donne la Hgure d’un acervu» absolument semblable (1).

En Phrygie , on enterrait les Galles , c’est-à-dire les prêtres de Cybèle, sous des monceaux de pierres. Toutes les provinces de l’Asie-Mineure avaient adopté les mœurs de la Galatie ; et , quand on a cité la Galatie , on a , pour ainsi dire, expliqué la raison de l’analogie de ses coutumes avec les nôtres ; car nos pères , venus de l’Orient, y sont aussi retournés , et rien ne doit nous étonner dans le rapprochement de nos usages avec ceux de l’Asie.

Il nous sera donc permis de conjecturer qu’il s’agit , sur Haute-Roche , du tombeau d’un prêtre ou plutôt d’une prêtresse , comme semblent nous y engager : 1® la dénomination du bois de Combe-à-

(I) MominiPiils reltiqiics. Plancho v, n“ 46.

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