Traditions populaires de Franche-Comté; poésies, suivies de notes. Vignettes
aedccace c/e ce <^cpre, co7?î/?/ie i^/z Âo7?i/?naae ae /icele Aucùie ^ SÇ ccyjnûne if/ie /irecw& ae ce/ a^m-au/r Âoïc/?' œ ÂcôUJ, acm/ âù Twcéà cùJ âocaou/^ ciû92/ne ùeœe^T^ce SC uc /eco/h /
Neque enim mihi patriâ jucundius quidquanij iiec carius.
Gilbert Cousin.
Ce Livre est moins une œuvre d'art que de patriotisme. J'essaie d'enlever à l'ouhli quelques-unes de nos traditions populaires , de réveiller nos antiques souvenirs de religion , de gloire et d'amour ; héritage précieux , dépôt sacré transmis de génération en génération , et que chaque jour le temps s'eflbrce de nous ravir.
Je voudrais peindre , comme je les vois , comme je les aime , nos belles montagnes , dont les sites tantôt gracieux
o( animés, tantôt dosorts ot sauvages, tour à tour enchantent l'ànic ou lui inspirent une terreur sublime : le Jura portant au-dessus des nuages son front couronné de leternclle verdure des sapins , et retentissant des capricieuses sonneries de nos riches troupeaux ; — le Doubs aux sables d or, aux ondes transparentes, coulant mollement de sa coquille de rocher ; fleuve amoureux de nos fraîches vallées, et qui semble ne les quitter qu'à regret pour y rentrer bientôt plus puissant et plus digne de former la ceinture de l'ancienne métropole de la Sêquanie; — la mélancolique vallée de Sainte-Marie, et ses deux lacs resplendissants comme deux coupes d'argent au milieu des prairies; — les bassins de Chailleson, qui rappellent Taspect imposant du lac de Lucernc; — la grande cataracte du Doubs, rivale des plus belles cascades de la Suisse et sans pareille en France; — la Loue dormant au fond de son antre, puis s'élancant tout à coup mujiissante comme la louve, à travers les effrayantes profondeurs des combes de Nou ailles; — leDRucEON illustré par Charles-le-Téméraire ; — la source merveilleuse de Fontaine-Ronde; — les grottes et les palais souterrains de Remonot et du ÏRisoR; — et ces colossales statues
dressées par la puissante main de la nature , auxquelles le montagnard a donné le nom de Dames d'Entreporte.
Heureux surtout si je pouvais te chanter dignement, PoNTARLiER , ma douce patrie ! ville antique , fière do ton pont romain bâti par un empereur, des belles et régulières façades de tes maisons réédifiées par un roi de France, et qui, dix fois ravagée par la flamme, dix fois es sortie de tes ruines et plus grande et plus belle... Et toi aussi, mélancolique Chaux-d'Alie, plage plus verte que la verte Erin, théâtre séculaire où se sont jouées les destinées de nos aïeux , qui fus témoin de leurs joies et de leurs fêtes , mais qui plus d'une fois , hélas ! fus arrosée de leurs larmes et de leur sang !
Il y a là un champ vaste et fécond pour la poésie : d'autres sauront l'exploiter plus habilement ; mais j'aurai du moins été un des premiers à le tenter , et mes vœux , mes applaudissements accompagneront mes jeunes compatriotes dans la carrière où je les appelle. Que ce soit un titre à l'indulgence que je réclame pour mes faibles essais.
A défaut déclat , j'ai tùché de donner de la fidélité à ces ébauches. Puissent-elles avoir le sort de ces portraits de famille où l'on excuse le manque d'art en faveur de la ressemblance !
Afin de répandre de la variété dans ce volume, j'ai entremêlé ces légendes de quelques pièces fugitives. Je souhaite que, comme les autres, elles trouvent grâce auprès du lecteur bienveillant.
Ces poésies , humbles fleurs dos champs , écloses au milieu des solitudes du Jura , n'étaient pas dignes d'être offertes au public ; mais si l'on y pouvait trouver un peu de ce parfum de l'air natal tout embaumé de souvenirs d'enfance , de famille et de patrie , c'en serait assez pour plaire à mes bons compatriotes, dont j'ai toujours rêvé le suflragc comme le plus doux et le plus précieux do lous.
« Que si les estrangers ne preignent aucun plaisir à ce livre, et que, depuis la première lecture du tiltre, ils retirent la veiie, si est-ce que je veux espérer, » comme
dit noire vieux et naïf historien Gollut, « que vous, MES CHERS COMPATRIOTES, ttusquels ce travail hat esté laheuré et destiné, depuis le commencement , ne vous en marrïrês et ne vous en ennuirés. Mais au contraire vous le recepvrés de bon cueur, comme de bon cueur entreprins et de bon cueur présenté. »