‹ Traditions populaires de Franche-Comté; poésies, suivies de notes. VignettesChapitre 2 sur 14 · POESIES · texte numérisé non relu

POESIES

MXon (&\uie le Capunn.

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Oioser kannlc dJs Lcbon.

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J'avais jadis un oncle capucin % Savant au moins comme un bénédictin , Toujours fouillant manuscrit ou grimoire , Homme d'esprit, de sens et de mémoire. Ce n'était pas un frère mendiant Sale et grossier; mais toujours souriant, Il relevait par sa noble figure Le sombre aspect de sa robe de bure.

Il avait vu , las ! plus d'un grand pécheur , Connaissait l'homme , et l'histoire du cœur ; Et bien qu'il fût d'une austère sagesse , Il pardonnait à l'humaine faiblesse ; Pour lui sévère, aux autres indulgent, Riche en vertus, bien que léger d'argent.

Quaiul nos aleiix inariaii'iil iiiie lill»' , Du Capucin la nuin la briiissail ; <^u'iui nouvoau-nô survînt à la faniillo , Le Capucin soudain lo baptisait ; Kt si la mort frappait de sa faucille , A nos douleurs son cœur compatissait ; Car il avait aux blessures de Tàme Ainsi (ju'aux maux (jui torturent le corps. Remèdes sûrs, et merveilleux dictame Pour endormir la peine ou le remords.

Comme Jésus, bienveillant au jeune fige, Il nous payait des bonnes actions Par un agnus, une fleur, une image.

Accompagnés de bénédictions.

Chacun tenait ses avis pour oracles.

Et comme un saint se faisant respecter, 11 ne manquait que du don des miracles... S'il n'en faisait , il savait les conter !

Lorsque Thiver la famille assemblée ,

Près d'un grand feu s'abritait des autans.

Le Révérend , pour charmer la veillée ,

]Nous redisait les contes du vieux temps.

Quelque légende au cloître recueillie.

Le nom des preux vainqueurs dans les tournois ,

Ou les malheurs de notre Séquanie ^,

Kt les combats des braves Franc-Comtois.

Lors s'arrètaif le rouet de nos mères-, On lui cédait le grand fauteuil à bras Qu'avaient jadis occupé nos grands-pères, Et dont les ans elTilaient le damas.

Puis des enfants la troupe familière Grimpait sur lui comme une fourmilière \ Sur son dossier l'un à califourchon , Se blottissait dans son brun capuchon ; L'autre roulait les grains de son rosaire , Comme ferait un bel ange en prière ; Les plus petits , assis sur ses genoux , Le regardaient d'un œil soumis et doux , Et caressaient, mais d'une main tremblante , Les flots blanchis de sa barbe ondulente. Lui , toujours bon , souriait à nos jeux , Et pour complaire à ses petits-neveux , Il racontait-, et charmait nos oreilles De ces récits tout remplis de merveilles.

Pardonne-moi, si j'ose ici tenter, Ami lecteur, de te les répéter, Car je n'ai pas cette grâce qui touche , Et nous tenait suspendus à sa bouche -, Sois indulgent, mon maître, et souviens-toi Que ma devise est : « AIDEZ-MOI ! »

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