SAINT BASILE ET JULIEN L'APOSIAT
vêque ordonna aux fidèles d’aller porter leurs richesses et leurs bijoux sur le chemin que devait suivre l’empereur.
« Portez aussi, dit-il, des pâtés délicieux, car Julien aime les mets exquis. Ainsi il laissera votre ville en paix. »
Lorsque cet ordre eut été exécuté, Basile se retira avec les fidèles sur une montagne peu éloignée de Césarée, qui depuis porta le nom du saint. Le jour et la nuit, le pieux évêque priait Dieu, et tout le peuple l’imitait. Une nuit, Basile, accablé de fatigue, s’endormit. Il vit en songe Notre-Dame entourée de légions d’anges et d’archanges, occupée à prier son Fils en ces termes :
« Mon fils, délivre mon second fils Basile des mains de Julien! »
L’archevèque s’éveilla et il reconnut qu'il n'avait fait qu’un rêve. Mais, peu après, Basile tomba en extase. Il vit Julien qui s’éveillait en sursaut et qui disait aux siens :
« Le voilà qui vient !.. le voilà qui vient !.… le voilà qui vient ! C’est un soldat tout armé !.… Mais il n’est pas des nôtres! Tuez-le ! tuez-le! tuez-le ! »
Les officiers ne voyaient personne. L'empereur continuait de crier :
« Le voilà qui vient! le voilà qui s’approche !... Il va me frapper !.… Il me frappe ! »
Et en même temps il fut frappé par une main invisible, et il tomba mort (1).
L’archevêque raconta aux Césariotes ce qu'il avait vu et entendu. Et, en effet, Julien était mort dans les circonstances si merveilleuses que venait de narrer le pieux Basile.
Le soldat que larchevèque avait vu en songe, c'était saint Mercure qui avait subi le martyre un sièclé auparavant, et dont les fidèles gardaient précieusement les reliques. Basile envoya un Césariote vers l’endroit où reposaient les restes de Mercure. Le front du Saint était couvert de sueur; sa lance, qui venait d’être replacée à la muraille, était en mouvement. De plus, une goutte de sang en découlait encore.
(x) La localité où ceci se serait passé porte en turc le nom de Lalé-Bély. Elle est située sur la route qui mène de Césarée à Sivas, l’ancienne Sevastiæ.
(Conté le 17 septembre 1886, par M. Siméon Pétro-Oglou, âgé de 68 ans, avocat, né à Indyé-Sou.)
KL