LE MOULIN D'HADJI-BÉKIR
mais il y perdit son temps et son argent. Le réservoir continua à s’emplir de sable.
À bout de moyens, le meunier se rappela le conseil d’'Hadji-Békir. Il fit creuser un nouveau canal, et il s’en trouva bien, car le sable n’arriva plus dans le réservoir.
Hadji-Békir, plusieurs années après, repassa par le moulin. Le propriétaire voulut marquer sa gratitude en faisant accepter deux chambres au saint de Syrie. Et plus tard, il laissa le moulin aux descendants d’'Hadji-Békir, qui le possèdent toujours.
Hadji-Békir mourut on ne sait où. On dit qu’il n’a pas voulu faire connaître l’endroit de sa sépulture afin qu’on ne lui élevât point un mausolée. |
Le saint avait ordonné à ses enfants d’apprêter une fois la semaine, le vendredi, une pâte à la farine, au beurre et au sucre, qui serait distribuée aux pauvres.
Mais les descendants d'Hadji-Békir oublièrent cette recommandation. Actuellement, ils ne distribuent cette pâte — helva, en turc — qu'une fois par an. Ils en sont sévèrement punis, car ils deviennent plus malheureux de jour en jour.
(Recueilli à Indgé-Sou, 1885.)