‹ Traditions populaires de l'Asie MineureChapitre 49 sur 116 · LE DERVICHE ALCHIMISTE · texte numérisé non relu

LE DERVICHE ALCHIMISTE

« Peux-tu nous faire assister à la transmutation des métaux inférieurs? demanda encore le roi.

— Oui, sire. Donnez-moi des lingots de cuivre. »

On apporta des saumons de cuivre; l’alchimiste les fit fondre dans de grands chaudrons, puis il jeta dans le métal en fusion une certaine poudre qu’il avait apportée avec lui. Aussitôt le cuivre se changea en or pur.

« Cette découverte est merveilleuse, s’écria le roi de Hongrie. Fais-moi connaître la composition de ta poudre, et je te rendrai le plus riche de mes sujets.

— Sire, répondit le derviche, à quoi me serviraient vos trésors, puisque je sais me procurer autant d’or que j'en pourrais désirer. Du reste, j'ai fait vœu de pauvreté, et je méprise les richesses et les honneurs. »

Le roi insista encore, mais vainement.

« Il m'est impossible de vous faire connaître mon secret, dit l’alchimiste ; cependant je vous donnerai une poudre qui a la propriété de chan- °ger en or fin les pièces d’or alliées de cuivre dont on se sert pour fabriquer les monnaies.

— Et quelle récompense désires-tu ?

— Une seule, sire. Faites frapper vos monnaies à mon effigie. »

Le roi accepta; le derviche indiqua la composition de sa poudre, et les Hongrois s’en servirent avec succès.

C'est pour cela que la Hongrie possède les meilleures pièces d’or ; c’est pour cela aussi que les monnaies hongroïses sont frappées à l'effigie du derviche alchimiste. |

(Conté à Indgé-Sou, en 1886, par Hadji-Ismaïl-Queuvr-Oglou, éleveur de bestiaux, âgé de So ans.)

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