‹ Traditions populaires de l'Asie MineureChapitre 55 sur 116 · LE RENARD ET SAINT GEORGES · texte numérisé non relu

LE RENARD ET SAINT GEORGES

Le Renard déguerpit et s’en alla sur la grande route par où passaient ordinairement les marchands d’huile, lorsqu'ils allaient au marché voisin.

Arrivé là, il se coucha au bord de la route et contrefit le mort.

Des marchands passèrent bientôt. Celui qui marchait en avant aperçut le Renard :

« Quel est l’insensé qui a tué cet animal et qui ne l’a pas dépouillé de sa peau ? dit-il. »

Il pritle Renard et le jeta entre deux outres sur le dos d’un de ses mulets.

« Je l’écorcherai au premier arrêt, pensait le marchand, et j'en vendrai la peau ! »

Dès que le Renard vit que le marchand s'était remis à son poste auprès du premier mulet, il attaqua les courroies qui retenaient les outres ; peu après les outres glissèrent sur la route et l’huile s'échappa à flots.

« Grand saint Georges ! cria le Renard en fuyant à toutes jambes ; je n’ai ni mesure ni poids pour te donner tes deux litres d’huile! dépêche-toi de venir et de prendre ce qui te convient. »

(Ce conte m’a été dit plusieurs fois dans mon enfance, en Turquie d'Asie. — Jean Nicolaïdes.)

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