CHANSON DE LA MARIÉE
Envoie-moi trois roses des fils de ton toupet, Pour m'amuser, au moins, dans les lieux écartés.
Les routes de Constantinople sont de fer et de pierre à fusil; Mon cœur est de cendre à force de regarder la route.
Ne crains-tu point mes gémissements et mes soupirs ?
Viens une fois dans ton pays ; délivre-toi du péché ;
Viens vite, mon chéri, viens vite, j’ai besoin de toi!
Une perdrix tachetée vient d’en face ; [gorge blanche ; Les cheveux qui tombent sur tes joues servent d’ombrage à la Embrasser sa belle vaut cent mille talents.
Viens vite, mon ange, viens vite, le sommeil me saisit ;
Le vent qui souffle m’apporte ton parfum.
Mon cœur désire la neige qui se trouve à la cime des monts Mon cœur désire la grenade ; il est rassasié du coing; [élevés. Mon cœur désire une rose par la main de mon gracieux.
Viens vite, mon chéri, viens vite ! tu te repentiras :
Je meurs, tu commets un péché!
Mon ange dont j'aime les yeux de diverses couleurs, Que t’ai-je dit à ton départ ?
Si tu ne me revois pas vivante,
A ton retour, fais une visite à mon tombeau ;
Que l’on t’enterre à mon côté quand tu seras mort !
(Indgé-Sou.)
VIT