MYRIOLOGUE DU VAISSEAU EN PÉRIL
9423 N petit étranger est à l’agonie sur la proue
[ERile du vaisseau ; on le pleure la nuit et l’au- AX rore, on le pleure au milieu de la nuit.
Personne ne le pleure comme le fait la capitaine.
« Oh! lève-toi, à pilote, toi qui connais les (signes du) temps ; lève-toi et va reconnaître le temps, afin que nous entrions dans un port !
« — Tenez-moi, dit-il, deux (pour) les mains, trois la tête et dix-huit mes reins ; faites-moi monter sur l’endroit le plus élevé du vaisseau, et passez-moi la carte qui est dans ma chambre. »
Il montait en riant, il descendit en pleurant. « Qu’as-tu, Ô pilote ? pourquoi pleurer en descendant ? — Ce que je viens de voir ? Ma capilaine, que Dieu nous garde ! Là-bas, en Barbarie, le tonnerre mugit et le grondement de la foudre se fait entendre en Occident ; la foudre menace notre vaisseau. »
La parole n’était pas encore sortie de la
bouche du jeune pilote, et la mer fut toute couverte de voiles et le sable (le rivage) de jeunes gens (1). Un petit marin nage sur la mer durant quarante-huit heures.
« Oiseaux de la mer, où êtes-vous ? N’y a-t-il point d’hirondelles pour écrire sur leurs ailes, pour aller porter des nouvelles à ma mère ? Que ma sœur pleure, quand ma mère se mettra à les lire ! que ma fiancée pleure quand ma sœur se mettra à les lire! »
(:) C'est-à-dire il y eut une grande tempête qui mit en pièces les navires qui se trouvaient au large.
(Dit en juin 1885, par M. Constantin Marthalas, âgé de 26 ans, cultivateur à Cardamyla, village de l’ile de Chio.)
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