MYRIOLOGUE D'UN PÈRE SUR SON FILS
sE vais menfermer dans une grotte téné- Gbreuse; je flagellerai mon frêle corps jusqu’à ce que j'aie succombé.
« Pourquoi, Ô ma Destinée, n’es-tu point satisfaite de tout ce que tu m'as fait ? De nouveau, tu veux encore voir mes yeux en pleurs |
HI « Je suis, Ô ma Destinée, un arbre sans fruits, une abeiïlle sans miel! C’est moi qui passe en pleurs ma jeunesse |
« Je suis venu et j'ai pris congé de tes deux
sourcils noirs. Je suis persuadé maintenant que tu seras la proie des serpents (1).
« Je façonnerai une échelle sur la terre; j'y monterai et j'en descendrai, pour aller soir et matin m'entretenir avec toi.
« Je me ferai petite hirondelle et je resterai à voler sur ta tombe. Que mes yeux se mettent à pleurer, peut-être en seras-tu réveillé !
« Si tu vas rejoindre ta mère, prends-la par la main et dis-lui que mes yeux sont en pleurs durant l'hiver et durant l’été.
« N’as-tu point eu, Ô Charon, pitié de ce pauvre (enfant) caressé ? C'était le fils unique de sa mère qui l’avait nourri de musc.
« Que la terre soit garnie de jalousies et qu’elle
(1) Que tu seras dévoré par les vers de la terre.