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LA FÊTE DE SAÏA

< S)! quelqu'un de la famille est mort dans EC l'année, ses parents préparent le $ jan- Svier (v. s.) une table couverte de mets maigres (le $ janvier étant un jour maigre chez les chrétiens grecs). Les fèves sont le principal aliment.

Le matin, on se rend au cimetière pour pleurer celui qui n’est plus, mais il n’est pas question des morts que l’on à perdus depuis plus d’un an. Après les prières, on revient à la maison, et l’on mange les mets et les fruits que l’on a disposés sur la table. à

Les visiteurs — voisins et amis — viennent en grand nombre à la maison. Ils apportent deux petits cierges de cire qu’ils déposent sur la table ; en échange, la maîtresse de la maison leur donne deux cierges minces allumés qu’elle avait préparés elle-même.

Chaque visiteur est tenu de goûter au repas

servi sur la table, et tout en mangeant il doit souhaiter le salut éternel de l’âme du défunt.

On nomme ce jour ($ janvier) : Saïa; la table se nomme également Suïa.— (Le mot Suïa ne nous semble appartenir à aucune des langues orientales.)

On ne dessert point la table Suia de toute la journée. — On croit que les morts viennent à la nuit tombante prendre leur part du repas.

Le même jour, après le coucher du soleil, les enfants turcs se déguisent en Suia. Ils choisissent une grande culotte dans laquelle ils puissent s’enfoncer jusqu’au cou. La tête débordant seule de la culotte, une paire de cornes sur le front, une infinité de grelots et de clochettes attachées à ce singulier vêtement, ils s’en vont chez les Grecs et crient de toutes leurs forces :

« Saïa est venu,

L’as-tu entendu ?

Saïa t’a salué,

L’as-tu salué ?

D'un Saïa à l’autre,

Le serpent glisse sur le rocher ; I a dit : Had! hud ! (x)

I1 m’a ordonné de me coucher Au pied du vase aux fèves. »

(1) Had ! hud ! aucun sens en grec, en arabe, en persan, nien turc.

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