‹ Traduction-commentaire des instituts de Justinien avec le texte latin précédé d'une introduction historiqueChapitre 1 sur 65 · Traduction-commentaire des instituts de Justinien avec le texte latin précédé d'une introduction historique · texte numérisé non relu

Traduction-commentaire des instituts de Justinien avec le texte latin précédé d'une introduction historique

En examinant attentivement les méthodes suivies par les différents commentateurs des Instituts de Justinien , nous avons été surpris de n’en trouver aucune assez élémentaire et facile , pour offrir à la généralité des étudiants des garanties suffisantes d’un succès rapide et certain.

Aussi, depuis que nous dirigeons les étudiants dans la préparation aux différents examens de droit, nous avons acquis assez d’expérience pour assurer que c’est en partie à la difficulté des méthodes qu’on doit attribuer les échecs si nombreux qu’éprouvent les élèves dans les examens de droit romain.

Les commentaires des Instituts, dont se servent les étudiants, sont surtout ceux de MM. Du Caurroy et Ortolan. Or, malgré la haute estime et le respect sincère et profond que nous avons pour ces deux savants et illustres professeurs, nous sommes pourtant forcé de reconnaître que leurs ouvrages ne

PRÉFACE

résument pas avec assez de concision les éléments du droit romain et ne sont par conséquent pas assez à la portée de l'intelligence de la généralité des étudiants. Ce n’est pas là , au reste, hasarder une opinion , c’est en quelque sorte reproduire la pensée que chacun de ces deux savants professeurs a émise sur son propre ouvrage.

« Ce livre, » dit M. Pu Caurroy, dès la première ligne de son Avertissement des Institutes expliquées ; « ce livre n’est pas « destiné à remplacer le texte des Institutes; il n’a d’autre but « que d’en faciliter l'étude et l’intelligence. » De là, il est bien évident que les Institutes expliquées , qui forment deux volumes, ne peuvent être étudiées sans avoir en même temps sous les yeux un autre volume, celui du texte traduit : autrement, vous n’auriez pas de base ; pour coordonner et enchaîner vos idées, il vous manquerait les principaux anneaux : l’ensemble des principes du droit romain vous échapperait. Mais, malgré l’inconvénient que présente la nécessité d’avoir toujours deux ouvrages sous les yeux , vous est-il du moins alors facile d’appliquer les explications au texte, de poser en quelque sorte l’édifice sur sa base ? Non;; il y a encore là une nouvelle difficulté, parce que, dans les Institutes expliquées , les paragraphes sont presque toujours intervertis , et que cinq ou six paragraphes intervertis so trouvent quelquefois réunis dans le même alinéa. Aussi, dans les legs et dans les actions, par exemple, il faut beaucoup de temps et de patience pour parvenir à coordonner les explications avec le texte des Instituts ; de nombreuses erreurs de typographie dons l’indication des paragraphes viennent encore augmenter les difficultés. D’ailleurs les Institutes expliquées contiennent un nombre infini de citations, utiles pour des savants , mais certainement superflues et même ennuyeuses pour les étudiants qui , en général, ne possèdent pas encore les ouvrages cités.

M. Ortolan a évité la plupart des inconvénients que nous venons de signaler, en plaçant, dans son Explication historique des Instituts, le texte latin et la traduction en regard. Mais la méthode qu’il a adoptée nous parait aussi avoir des inconvénients assez graves. Il met en italique les mots latins sur les-

PRÉFACE

iij

quels il se réserve de donner des explications : l’explication se trouve ainsi un ]>eu séparée du texte et de la traduction ; c’est pourquoi il y a, dans cette méthode, quelque chose qui rend fatigante la lecture de l’ouvrage. D’ailleurs , Y Explication historique ne nous parait pas assez élémentaire : elle se compose de trois forts volumes. Aussi l’auteur semble vouloir se justifier, « d'être venu ajouter quelques nouveaux volumes à la « charge des commentaires sur les Instituts, que plusieurs cha- « mcaux ne suffiraient pas à porter. »

MM. Du ( ’aurroy et Ortolan ne pouvaient se contenter d’exposer les éléments du droit romain : pour ces illustres professeurs, le public n’est pas composé seulement d’étudiants , mais encore des savants de notre époque et des siècles à venir.

A cause des motifs que nous venons d’exposer, plusieurs étudiants se préparent aux examens de droit romain uniquement sur le Manuel de M. Lagrange , ouvrage que l’auteur a destiné, ainsi qu’il l'exprime dans sa Préface , seulement « aux étu- « diantsqui ont suivi les cours, étudié les textes et consulté les « commentateurs, et qui sentent le besoin de s’assurer de leurs « forces et de s'interroger eux-mêmes avant d’affronter les « épreuves auxquelles les réglements les soumettent. » Ainsi, selon la pensée même de l’auteur, cet ouvrage, par questions et réponses, ne contenant pas toute la traduction du texte latin, ne peut suffire aux étudiants qui se préparent aux examens de droit romain.

Nous avons donc été convaincu qu’un ouvrage vraiment élémentaire et suffisamment complet serait d’une grande utilité à la plupart des étudiants. C’est pourquoi nous avons fait la Traduction-Commentaire des Instituts de Justinien. — Sous le texte latin , nous avons placé la traduction entière , et les explications qui font corps avec elle et se prêtent mutuellement nn nouveau jour. Voilà, nous en sommes persuadé, ce qui contribue à en rendre l'intelligence facile et la lecture peu fatigante. Nous avons puisé aux meilleures sources tout ce que contient notre ouvrage; mais nous avons évité de renvoyer aux différents auteurs : ce serait nuire à l'unité d’un livre es-

PRÉFACE

sentiellement élémentaire, et distraire, sans utilité, l'attention des étudiants. La méthode que nous avons suivie nous a paru simple et claire, comme celle des Instituts de Justinien, de Gaïus et de tous les anciens jurisconsultes romains qui ont écrit des ouvrages élémentaires sur le droit. Elle parait bien propre, en effet, à fortiQer, sans la fatiguer ni la surcharger, l'intelligence des étudiants. Une simple lecture de la Traduction- Commentaire suffira pour avoir une juste notion de la législation romaine. Mais, comme le droit des Romains contient des dispositions et des termes qui ne sont pas de notre époque, les étudiants ont besoin, pour se les rendre familiers, «le s’exercer avec des personnes capables de corriger en eux ce qu'il pourrait y avoir d’incomplet et d’erronné sous le rapport des pensées et des expressions.

Page 1