III
tous les papyrus ont, sauf le n*» 4890: Pt^^^F*^^^— 4'!'*** illumines tout le parcours du disque.
Le n* 3129, après ^p , passe à T^-^n3\^^^ ;de la ligne suivante.
On trouve ici le nom de la mère du défunt pour la première fois dans le Chapitre XV. 4\ peut s'y lire sa ou shran, mais non pas mes, car mes terminait les noms propres dans la composition desquels il entrait, comme dans ^ , "^ (]| , Khemmès que j'ai copié au musée du Louvre sur une stèle qui n'est pas numérotée.
J*ai adopté pour le signe --^ov^^ la lecture ordinaire khem que démontrent plusieurs variantes, entre autres celles du nom de la ville de Sekhem et du mot®^Q boîte L?.^'^ fl ). La valeur men est également certaine, et ne peut être un abrégé du nom d'Ammon, puisque^ T
- 51 - LiekiÈXVni.
désigne Horus dans les Excerpta de Burton, pi. S6 (Le Page Renouf, Zeitschrift, 1867, p. 33). Je crois que cet emblème signifie avec men fécondateur et avec khem dominateur, ce qui convient bien à la figure sous laquelle on représentait le Dieu. Le fouet qu'il tient dans sa main levée et qui était le plus souvent nommé f (de Rougé, stèle de la bibliothèque impériale], désignait le commandement, la protection, sens très voisins de ceux qu'avait le mot j'^^-^t domination, possession. Le chapitre CLXII du Todtenbuch explique parfaitement le double symbolisme de cette forme divine qu*on attribuait à immon et à Horus. Il dit à immon : Salut à toil... l \ ^ }\Vl ^'^^^^'^-^ toi qui commandes avec le fouet, toi, tu es le seigneur de la virilité (lig. 49).
LwNi XIX. — 52 -^
illuminateur grand brillant dans le Nun! organisant ses familles par l'eau
y^^A^ffff- ^^ xJ O oil» III oo.iii^^ ^-^
couramte^ mettant en fete les nomes ^ les villes toutes et les temples tous^
^^ — JTx (t ^^^ h ^=^^ f-J q:î=? î ^> o o
bienfaisant par tes bontés y préparant les aliments^ la nourriture
\J1^ ^" Todtenbuch n'a pas de sens : il faut lire avec les papyrus IJ J=. Le Todtenbuch a changé en ^3?* la troisième des lignes qui figurent Teau, ce qui prouve que le texte ne comporte bien que trois traits, et que ^^^ ne fait pas partie du membre de phrase ; le n® 4890 a donc eu tort de l'adopter et de dire y J ^ . j J J ^ , en C. S. ^fstiC , fons, se dit de la source du Nil : la formule PH=i^= ^1 JJs'^^ll^M^i *oire l'eau à la source du fleuve (Todl., chap. CLXIV, 13 et chap. CLXV, 15), se rencontre souvent sur les stèles funéraires. Ici, la source est prise évidemment pour Peau qui en sort, et Ton voit que le Soleil est considéré comme réglant Tinondation du Nil. Ailleurs, par une métaphore très hardie, le Rituel fait du Dieu
Ra l'inondation elle-même : ^X^^^— ^^= S JJ^ I^IT % l^ — ^l| ^ (chap. CI, 4), Inondation sortie de la source^ toi qui f assieds sur le trône de ta barque. L'emploi dans cette phrase de j J J =et de t| ^^ A^ semble bien montrer qu'il s'agit du Nil au chapitre CI et au Chapitre XV.
Le n® 3082 fournit une variante curieuse de^y^ Jvn ^ préparant des mets et de la nourriture, c'est i^^h^*^ 5\ i ^''^ ^ »
réparant ton être pur de la nourriture, ou bien dans une intention panthéistique : disposant ton être en nourriture; 8 JJ = dans ce
— 53 — Ligne XIX.
dernier cas ne se rapporterait plus au Nil, et aurait un sens plus général, ce qui rappellerait une phrase des Lamentations dlsis et de
Nephtbys ~ (] ||^ == ^t-l^^^i-^'^B&^^^m l^'To^yifde Horrack, Lamentations, p. 5, lig. { et lig. 2 du texte), tu viens à nous en ton temps , (Osiris), pour répandre Veau de ton âme, pour prodiguer les pains de ton être. (J'emprunte la traduction précise et soignée de M. de Horrack).
Je crois que Jjf '^ a été rapproché de j J J ^ parce qu'il se prononce à peu près de môme ; on connaît le faible des scribes Égyptiens pour les assonances.
La variante /3^^^ ^ J "© (n*' 3152) de^ \ J ¥ f^^l du mol ur un substantif, car l'homme tenant un bâton désigne les grands, les chefs, tandis que l'oiseau s'emploie surtout comme adjectif. II n'est pas sûr que cet oiseau soit une hirondelle. M. Brugsch (Zeitschrift, 1867, p. 22) y voit une colombe, et, en effet, l'une des planches de VArt Égyptien de M. Prisse d'Avenues représente, dans une scène de basse-cour, des hommes faisant manger des oiseaux qui sont nommés ^^ , comme l'hirondelle, et que, d'après leur forme et leur taille, on peut prendre pour des pigeons. Bien que la colombe appartienne à l'ordre des Gallinacés et l'hirondelle à celui des Passereaux, leur profil a cependant quelque rapport : ces deux oiseaux, dont le vol est très rapide, ont aussi la faculté de retrouver leur chemin à de grandes distances, et peuvent être pris pour messagers. Le Copte a souvent confondu dans le même mot des choses ou des êtres d'une ressemblance plus lointaine, comme dansiS'i/raTio^ qui veut dire vespertilio, noctua^hirundOf dans KHitî > hirundo, grus, et dansu|u)^e./T^ lilium, hyacinthus. Si l'oiseau ^:=-<i est réellement une colombe, je crois que sa valeur phonétique ur (ou wrw, car l'hiératique ajoute toujours e • u, à l'homophone de l'oiseau \^ç ), vient d'un nom imitant le rou-
Ligne XIX. — 54 —
coulement, comme l'hébreu lit'î , le latin turtur, le français tourte-
relie, et le C.cspo^n/ , columba. Cette valeur ur pourrait venir aussi, tout simplement, d'un mot analogue au Copte OTp^^, av%$; la colombe ou l'hirondelle aurait été prise dans ce cas pour type de l'oiseau en général.
— 55 — Ligne XX.
'IL. J I *fTpT"
délicieuse^ très redoutable^ maître des maîtres, détruisant sa place toute pour
nf^.^ ^ ^^^^vn^
l'iniquité^ grand dominateur dans la barque^ très terrible dans l'arche, rends heureux V Osiris
Deux papyrus, celui de Leide et le n* 3129, remplacent le ^^qui commence la ligne par un f, ^ . Deux autres, 3090 et 3153, suppriment ^ J i . Il y a aussi quelques variantes pourjc^"^: le n* 3082 n'a pas ^:h7 , et le n« 3153, qui ne Ta pas non plus, met J^!^ au pluriel. Ces petites différences ne touchent pas au sens. La seule correction qu'il y ait à faire pour cette ligne au texte du Todlenbuch, est celle de^:i;^l|^^ enî:^,^. H^ » d'après tous les papyrus. Le n'' 4890 donne au mot r^<=> la forme plurielle, ce qui en fait un complément de J^'^^'ffr (ligri^ précédente), avec le. sens d'abondant : nourriture délicieuse et abondante.
•^^^ ^^ vient sans doute de ^^:r° ^ul (lig. 24), intérieur de barque, comme ^"^ ^^ ou5^ ÎF^Te ^^ » barque (chap. XCIX, passim), de'^^^â, namgu^r.-^ doit ajouter quelque chose au sens : c'est peut-être le C ./il6. • lieu, qui entre dans les composés, ou le préfixe xJîT qui rappelle nos terminaisons en merkt, embarquement, ou en tion, embarcation, et pourrait bien n'être que^b. avec la particule du génitif, souvent omise en Egyptien. On s'expliquerait ainsi le mot-»^ ^^^r^^^lcité plus haut), que l'addition de-^ aurait fait passer du sens de garçon, viril, au sens de virilité, et le mot^^5^tf^^ (lig. 2) soir, petitesse [du jour), idée que nous appliquons au matin quand
Ligne XX. — 56 —
nous disons le petil jour, diluculum. On trouve, en effet, au décret de Canope, le mot^ , un peu (lig. 22), déterminé par les cheveux 'Jli , emblème des ténèbres, et, d'un autre côlé, les Coptes sous-entendaient aussi le mot jour quand ils employaient ^è^-peji> primus, dans le sens de mane^ le matin.
LktNK \\I
\L>t n S: '^ ~-F^ \. ^M>ûsi
Xufankh jusUfie, fits de Sa-l-Khem justifiée, dans le Kher-Neter. donne être
^=, f.Ê3 f^<- 5: -^^ ià»i}fs:i^i^
lui dans rAmenii, le maître du ma/, le curateur derrière l'iniquité^ place-le parmi ( lea j zëUUeurs auijuslns.
L'emploi de la lettre q pour le syllabique JQ dans le nom du Kher- Neter est une faute fréquente et bien connue, qu'il est inutile de relever.
On trouve ^^ ^^^ -^ privé de mal in" 3129, 3151), pour P V^ ^. D'autres papyrus remplacent à la fin de la ligne ^^ par — et^^ par— ;3079et3129).
LiONft XXII. — 58 —
CqueJ U St joigne aux esprits dans le Kher-Neter^ C^^^J '^ circule dans
la campagne de l'Aawr, (que) ensuite Cil) voyage dans la dilatation du
ccsur.
Je ne sais si 5^ du n" 3089 ne serait pas préférable à % '^^zz.àu Todtenhuch, parce qu'il y aurait parallélisme entre ^^, avec le sens de réunis-le, et^ "^ ^ , place-le, de la phrase précédente.
Le serpent qui termine le mol t) V^^^^^ est quelquefois accompagné et souvent remplacé par le groupe de fleurs ^ : ce sont deux déterminatifs phonétiques. M. Birch rapproche la campagne de TAaur des Champs-Elysées, et M. Chabas a noté la ressemblance du mot Aaur out)^ o avec le CV^od , fève, ce qui rappellerait le respect bizarre des Pythagoriciens pour les fèves et les prés d'Asphodèles de TEIysée grec. L'analogie copte fournit encore le mot b^K u) ot , flores dactylorum. Une autre hypothèse que rien ne me parait appuyer est celle de M. Ebers (Zeitschrift, 1868, p. 70), qui voit une transcription de^^
(] ^Xt ^^^^ ^^ ^^^'®''' ^^'"*''' (peui-âtre la plaine stérile) , les champs d'Alée, en Lycie, où Bellérophon, devenu odieux aux immortels, se promenait seul et loin des sentiers fréquentés (Homère, Iliade, VI]. On pourrait peut-être rapprocher l'Aaur de la syllabe l] ^*=f ou Ij ^<^a.. qui termine certains noms géographiques et qui serait une transcription du sémitique "^j^ , Dieu, d'après M. de Rougé, ou bien le motnTTl<> postérieur, occidental, comme semble l'avoir compris le scribe du papyrus Anastasi I (Chabas, Voyage d'un Égyptien, p. 187). Les deux
— 59 — Ligne XXll.
sens, campagnes diiines ou campagnes occidentales, conviendraient assez et s'accorderaient, Vun avec ^ ^ 4,^» la Terre Sainte, Taulre avec r»^» l'Occident.
Ce qui pourrait faire croire à Torigine sémitique du mot, c'est que le lion ^53^, seul, y exprime fréquemment l'articulation r, tj §s*^^ ^ ^ : on sait que les égyptiens le préféraient dans la transcription des mots sémitiques, peut-être parce que sa valeur lui était venue de rhébreu'n^^ , lion. Je ne puis admettre, avec ChampoUion, que cette valeur dérive de la lettre qui commence le mot \\âo/ , lionne [Gram^ maire égyptienne^ p. S8], parce que je ne pense pas qu'on ait composé Talphabet en donnant à quelques hiéroglyphes le son de la première lettre des mots qu'ils figuraient (dtx rdhi itpmtav (7ro(xeto>)v > comme dit Saint-Clément d'Alexandrie dans ses Stromates). Le développement du système graphique égyptien s'explique par un mécanisme plus
naturel. L'écriture, d'abord figurative, puis figurative et symbolique, puis figurative, symbolique et syllabique, sera devenue » de plus, alphabétique, simplement par la chute des voyelles dans certains monosyllabes. D ^l|ll ^«^V 3^ y voler, a pu donner la lettre.39^, qui figure une oie volante. La lettre b représentée par la jambe J qui détermine aussi la marche, dérive peut-être de J ch , lieu, c'est-àdire endroit où l'on va, but, ou mieux de^" J 'î^, se diriger vers, mot qui ressemble à Thébreu^H^, venir, et au grec /3a/va), marcher. Un homophone de cette dernière lettre, '^^ , qui se lit b et 6a, vient évidemment du nom de l'oiseau ^^; , le nycticorax, espèce de héron, etc.
Lii;ne XXJII — «r -
L' Osiris Aufankh justifié^ fits de Sa-t-Klitm justifiée, il dit : ;c sors ver.^
le ciei , je traverse le 6aa, je m'agenouille auprès des astres: il est fait
a mot. évocation de la hart^tte. appel
A. J ;^ du Todtenbnch et du n^ 4890 n'est sans doute qu'une erreur, «
causée par la ressemblance des signes, pour ^^^^ des n*** 3089, 3090, 3094, 3129, 3141. 3151, 3153 et 3207; cependant, le sens est assez bon avec A J j^ , y^ m'agenouille, je m'accroupis avec les astres, ou auprès des astres, ce qui rappelle lo passage où le défunt dit qu'il s'élève comme les Àkhimu Ur(u, les Akhimu qui se reposent (lig. SI). Le mot A J symbolise évidemment le repos dans la phrase suivante : la déesse Menka {C.M.Q^nn,/LorHT,deficere,M.orKS,repositorium?) fait prospérer les ombrages sur son accroupissement^ ^^ J^^g=>^^ * AJO-— ^9^1v^ (Todt., chap. CI. lig. 7). Le plus grand nombre des papyrus (Leide, 3079, 3082, 3089, 3129, 3151, 3207), font précéder*^ par la préposition 5\ i ce qui veut dire : je m'associe au lieu des astres : je crois la phrase plus claire dans les papyrus qui n'ont pas ^ (3090, 3153) : je fraternise avec les astres.
Le mot astres ne traduit pas parfaitement ^^^ , qui désigne à la fois les étoiles, les astres qu'habitaient lésâmes, et, (Birch, Zeitschrift, 1868, p. 61), les âmes elles-mêmes. Le sens d'habitation des âmes est établi par le passage suivant du Todtenbuch : I) V^>Z3^ l^ ; £=: Mk\ \^y^%ttzZ/^É— fA (chap.CLXIV, lig. 16et16), il lut est donné (au mort) cli^s champs dans la campagne de l'Aaur, il
— 61 — Ligne XXIII.
lui eit donné un astre au ciel. Le parallélisme de la phrase moolre qu*on ne peut traduire ici >^ ^ par âme ; il en "est de même à la fin du Todtenbuch, où le défunt est seulement comparé aux astres :^^^ 4^ f !^1 ^ X pê=si , il brille comme les étoiles au haut du ciel : on voit cependant, par le déterminalif, que le scribe n'a pas oublié Tidée de la personnification des astres. La valeur phonétique de Tétoile dans le sens un peu complexe que lui donnent ces phrases a certainement été, au moins quelquefois,® J [ , comme au chapitre CI du Todtenbuch,
lig. 6et7 : H^l>I3*JP^J^'T^ir=F^' *^^ ^^'^^ ^** établi au ciel par Isis. Au Papyrus magique Harris (VI, 3), Tétoile, placée au
milieu du groupe 1 x J P •• • , semble y tenir lieu à la fois de déterminatif et de phonétique. I^ chapitre CXXXVI, lig. 1 , oppose les Khabesu dans An aux humains dans Kher : IJ p jf, ^È g /R 5\ V# J ^^^® et, d'après le chapitre CXXVII, lig. 6, le défunt était jt^i{t/î^ au ciel
inférieur comme les Khabesu :-S^ 32. ^= J^ 4 ^1 1 J P j^ i ' ^® ^^^ °^^ parait prouver encore la valeur khabes, c'est qu'Horapollon, dans la phrase citée par M. Birch, dit que l'étoile symbolisait Tàme humaine mâle (^vxYïv «vS/jûiTrou ipps:^) : il avait certainement en vue le mot © J p qui veut dire barbe et astre.
On trouve dans Platon et dans Plutarque, ainsi que dans le MahÂ- Bhârata [Épisode du voyage d'Arjouna au monde d'Indra), des idées analogues à la croyance égyptienne sur les rapports de certaines Âmes avec les étoiles. Le scintillement des étoiles leur donne, en effet, quelque chose de vivant, et leur fine lueur concentrée, qui résume des mondes, fait songer à Tâme, celle quintescence de l'homme, apparaissant de loin au ciel.
JH\v o% ^st aussi un mot difficile à traduire. Ses détermi natifs habituels \> et ^o^ accompagnent les métaux aussi bien que les pierres, et la forme JH--^ • (Birch, Zeitschrifl, 1867, p. 54), prouve seule-
Ligne XXIII. — 62 —
ment» si ti n'est pas là un détermindlif de son, que le mol se rattache par son étymologie au terme qui désigne les mines ; mais un minéral peut être un métal ou une pierre. M. Chabas cite une autre forme J^ ^^^ S^» î"î serait plutôt une pierre d'après son déterminalif (Papyrus magique Harris, p. 20). Un passage du Todtenbucb dit au contraire qu'on a mis au cou de Set sa chaîne de son baa : ^ <S>'*"^ ^ a ^^^J \ ^ olT. ^i J 15 (cliap. CVIII. 5) ; ici le baa devient un métal. Le chapitre LXIV avait été trouvé sur une brique de baa (lig. 31), et le livre en haa de Ptah ouvrait la bouche des dieux (chap. XXIII, â). Malheureusement ces deux citations ne décident rien, car les inscriptions se gravaient sur le bronze et sur la pierre; c'est ainsi que le décret de Canope pouvait être sculpté sur une stèle ^\^ ^ ^ 0% à,e pierre ou do bronze (lig. 37). Deux autres phrases du Todlenbuch, d'après lesquelles le soleil était fondu avec son baa (chap. XVII, 50), î^ îl ^f-° ? J ^ V^î^, et la campagne de VÀaw
entourée de baa (chap. CIX, 4), I) UJl^^J^^'o*' ®°fi°» "^ objet d'offrande nommé^HI|;JI) ^ J^, (chap. CXL, 15), à peu près comme nos gâteaux de plomb et nos pavés de pain d'épices, rappellent encore le double sens de ce mot, qui me parait désigner simplement le minéral par excellence. M. Laulh en a fait le fer, ûeninc. H. Le Page Renouf Ta heureusement traduit par adamant (Zeitschrift, 1867, p. 42), Vadamas des Grecs et des Latins, sorte de substance fabuleuse qui, dans lu poésie, signifiait le diamant ou Tacier, c'est-àdire tout ce que Ton pouvait imaginer de plus dur. Virgile, dans sa description des murailles du Tartare, parle de colonnes faites de cette matière :
Porta adversa ingens, solidoque adamante columns, Vis ut nulla virum, non ipsi excindçre ferro Cslicolas valeant; stat ferrea turris ad auras.
[Wndidt, Ut. ti).
— 63 — LiGNB xxm.
Horace peint Mars
tunica tectum adamantinà
(Odcf, Uv. f, 6, ad ÀgHppam).
et les Grecs avaient un mot pour dire enchaîné avec Tadamas ; dSSxiixif rôSsro;. Chateaubriand a paraphrasé cette dernière expression dans les Martyn : « lié par cent nœuds de diamant sur un trône de bronzé, le démon du désespoir domine Tempire des chagrins.» (Liv. vin). Il donne aussi aux anges des boucliers de diamant (Liv. m). Le diamant est une substance trop connue et trop simple pour se prêter aux acceptions vagues des mots baa et adamas : mais il peut représenter le minéral poétique, comme Tairain représente le métal : on dit quelquefois, en français, le Livre d'Airain de Thistoire, ce qui répond assez bien au livre de baa du Rituel.
Je crois voir dans le baa du Chapitre XY une sorte de firmament (p=^) ayant un sol d'airain, x^^>^^77e3o( : en effet, le soleil était /bntfu avec le baa de $on Ciely'^^^ J I) ^^ >*^ — (Dûmichen, Alt. Temp.f I, 3i, 9). D'après la Théogonie d'Hésiode , Tenclos , la porte et le seuil du Tartare étaient b&lis aussi en airain. Cependant, on pourrait penser encore à une voûte de cristal ou de diamant, à travers laquelle le soleil aurait été visible.
Il est vraisemblable que ||^ \'^^ ne doit pas être pris à la lettre, puisque le défunt n'est pas encore entré dans la barque du Soleil.
LiONE XXIV. — 64 —
à moi du navire; je contemple Ba dans son sanctuaire, je fais coucher
son disque chaque jour, je vois le poisson An, en sa forme, sur le courant
Le fragment 3141 donne la variante ^^V pour^ ^ . preuve que ce dernier mot a bien le sens de regarder.
Les papyrus, sauf le n" 4890, suppriment m et — dans^ g ^: j'ai admis leur leçon, parce que, d'après le Todtenbuch, le défunt n'aurait vu le Dieu qu'à son coucher. Comme rien n'est plus visible que le soleil, il est plus naturel de penser qu'après l'avoir contemplé tout le jour, l'élu égyptien le faisait coucher le soir. La particule ^ ^ du Todtenbuch semblerait indiquer aussi que le disque se couche 'pour le défunt, contrairement au texte des papyrus et à la clarté du sens ; c'est pourquoi je ne Tai pas conservée.
La fin delà ligne est corrompue au Todtenbuch et au n* 4890 . tous les papyrus ajoutent le pronom féminin p à^ J , mot que le n'3089 seul met au pluriel ; le signe qui précédentes! indistinct au Todtenbuch : c^st , d'après les papyrus , la préposition '^ , dont le n' 4890 a fait \ \ ; lorsque l'hiératique de t est écrit d'une façon un peu allongée, il rappelte^en effet le tracé de la rame, ce qui explique une variante bizarre du Todtenbuch : Je îui% Horw, vengeur de son ' p^r^ Ji 7~^ ,^^ "^ x4^ ^= 1 L?-- ^^- L» ^^ apporte le diadème sur sa rame ou sur sa tête (chap. XCII, 3).
tj ^^KT 6t à la ligne suivante ^J^^ sont en parallélisme, el
— 65 —- Ligne XXIV
semblent désigner deux espèces de poissons ; en effet, il y nvait un poisson nomnaé an, puisque le syllabique ^3^^ vaut an, et le mot copte, e<|)u>T , piscis loricatus, a été catalogué par Kircher. M. Birch traduit ces deux mots par the Perch, the Silurm. Il y a là une allusion mythologique très obscure, qui pourrait avoir quelque rapport avec cette phrase du Papyrus magique Harris : les poissons Teshtu gardent l'eau de la barque, tu disposes du poisson Abet et du serpent Unti (V, 7), L'Abet est encore nommé dans un passage du Todtenbuch, qui me paraît signifier : Séparer le défunt de la barque de Ba, ce sérail en séparer Vœuf et l'Abet. (Chap. C, lig. 4 et lig. 5).
Ligne XXV. — 00 —
sortant en ma/ek. Je vois le poisson Abet, ù sov itistanf. Est le malfailevr
abattu lorsqu'il diapose mon émargement par des coups sur la nuque- J'ouvre
Presque tous les papyrus ont, au lieu deg^ , les mots ^ ^ ^ ~ (Leide, 3082, 3090, 3129, 3151,3153). L'absence de déterminatif rend le sens de ^^ ^ difficile à pénétrer ; peut-être pourraiton le rapprocher de^^ apercevoir, distinguer : qui parait du mafek.
© est le mot fois ; sa formç complète q*^ se trouve aux n** 3082, 3129,3151,3153.
Tous les papyrus font suivre ^^ de ^ ^ qui tient lieu ici de ^ ,
comme le sens l'indique.
Le papyrus de Leide et les n" 3129 et 3151 suppriment^ ^„ ^ , qui finit cette ligne, et^^ qui commence la ligne suivante. La phrase signifie alors : 6 Ba, avec un vent favorable, la barque s'avance.
Le mafek était un métal précieux et brillant, que les Égyptiens citaient avec l'argent et l'or, et dans lequel on a cru reconnaître le cuivre. Cette identification n'est pas absolument certaine. Le mafek symbolise sans douleici la clarté, comme dans d'autres cas le mot^|/7, C.^hh sulphur, fulmen, naphtha. S.^Hn, t , sulphur. Une phrase du Todtenbuch (cbap. LXXX, 7), réunit, si je la comprends bien, ces deux mots dans le sens que j'indique ; le défunt, qui prend la forme lunaire d'Osirispour éclairer les ténèbres, dit l] ^ ^^r=^^ ^^
^|l7;^®'*. iCL double clarté est dans mon ventre, mafek et tahen (en) ses mois. Le tahen désigne le jaune, et le mafek, s'il était le cuivre,
— 67 — Ligne XX Y.
pourrait désigner le rouge, ce qui peindrait bien la lumière pâle ou sanglante de la lune. La couleur du cuivre s'accorderail aussi avec celle du soleil levant, qui est représenté en rouge sur les monuments égyptiens. C'est peut-être par allusion à la rougeur de l'aurore que le Todlenbuch fait sortir le soleil d'un sycomore de cuivre rlTT^^-*^ t\ t\ T-^^^THV^(chap.CIX.3).
Ligne XXVI. — 68 -
l^sif ts Hum U^ ôè'ï?^lll
à loi, fia, avec un vent bon, la barque, elle vogue ^ tlle atteint le port. Les
nochers de Ra à se réjouir, ils voient lui; la maîtresse de la vie, son cœur
est heureux^ elle abat
^^ ^ttV du Todtenbuch est remplacé dans tous les papyrus par ^ 1^ • Quant à f I ^i:^^ ^^t^-^ i qui se trouve aussi dans les papyrus avec Taddition de la particule ^ — ^ comme support du pronom féminin --rt- , je le regarde comme la forme verbale du mot J^aà^, barque, avec un délerminalif abusif.
Le papyrus 3083 diffère seul des autres pour ce membre de phrase ; il passe pj^^et ajoutent! ^"j ^yi A^ -/\ i^r , ce qui complète et éclaircit le sens.
Le groupe ^sr f @" est accompagné de TUrœus aui n'*' 3082 et 5450, ce qui explique les pronoms féminins qui suivent.^37 ^"^ ^ la maîtresse de la vie ou le seigneur de la vie, selon les déterminatifs, est un titre fréquemment donné aux Dieux et aux personnages divinisés. Osiris est appelé ^h^"^® aux chapitres CXXII, 6, et CXLII, 3, ainsi que Tum au chapitre LXXIX, l.^^^s^f*^^ je suis le seigneur vivant, dit le défunt au chapitre LXIV, 23,^^s7f ^^t7 est le seigneur vivant, chapitre XL, 7. Cette expression rappelle Tépithèle de Grand- Vivant, que reçoit le Soleil dans les légendes de Tell.-Amarna, et qui parait avoir désigné quelquefois l'ardeur excessive de Taslre; c'est
- 69 — Ligne XXVI.
ainsi, du moins, que peut s'expliquer un passage du Papyrus magique Harris , qui met en parallélisme Yimpitoyable Sekhet et la Grande Vivante, c'est-à-dire la mauvaise femme (B, 6). La déesse ^ ^1" î>. rappelle aussi la déesse ^ ^^ ^de la ligne 4.
LiôNB XXVII ~- 70 -
iti ennemis de. son mailre. Je i^nn fforvs avec mie ramv^ Thvth m^ec ses bras.
Les Dieux tous se réjouissent^ ils voient lui venant en paix^ béatifiant les
cœurs des esprits.
^^ m ^37 se comprendrait à la rigueur, bien que le sujet de la phrase soit féminin, en rapportant v — , à^ ^ de la ligne précédente, mais les papyrus ont ^A^'^ ^ Jp , même le n* 4890. Le copiste a fait ^*^ de — » et H P de j (* , changements qui s'expliquent très bien par les ressemblances hiératiques des signes.
Une erreur très singulière, causée par ces ressemblances, est celle qui a produit le mot l^\i du Todtenbuch. A première vue, on serait tenté d'accepter ce mot, et, en lui cherchant des dérivés coptes, on pourrait l'identifier avec fiiU&T , sarma, ou le rapprocher de neq, neeq, nauta. M. Birch Ta même pris pour une forme inusitée du mot qui veut dire corde, en C. S.noT^, funis, reticulus, et Ta traduit par the ropes. Mais l'examen des variantes prouve qu'il faut rayer t^\^ du vocabulaire, et ne voir là que le mot bien connu W 5^:^ ou G^ ^ l|I|^, rendu par le dessin de l'aviron, ^^ , un peu redressé. Deux papyrus suppriment la lettre 1) ]| (n*»" 3129, 3151), J ^ i ; deux autres déterminent le mot par la rame,^ (3094), ou -^-^ (4890) ; le n" 3090 donne la forme que j'ai admise. Le n"* 3082 a ^i^:^^ » dont le premier signe 4 est un aviron un peu différent de "S^ . Cette différence est peu sensible en hiératique, et je suis persuadé qu'au chapitre CXXXle scribe du Todtenbuch a si bien hésité entre ces deux formes, qu'il s'est décidé
— 71 — Ligne XXVII.
pour un tracé intermédiaire : \\ ^ 3^ D:fàf J^ \4 P î
1^ ^>^(lig. 19), rOnrn.,.. prend V aviron avec lequel il '^ame sur i\u. ^ "^pour j '^\ ou ty ^^ que cite M. Birch (Zeitschrift, 1867, 63 et 64), est encore un bon exemple des confusions que l'écriture égyptienne comportait.
Il est assez naturel qu'Horus, le commandant de la barque solaire, H^ V/= ^^— «^H^(chap. LXXXVI, 3), soit représenté ici avec une rame, c'esl-à-dire au gouvernail, car on dirigeait le navire avec une rame liée à Tarrière ; quant au membre de phrase parallèle qui montre Thoth avec ses bras ou ses mains, je crois qu'il désigne l'attitude d'écrivain que les Egyptiens donnaient à ce Dieu, et à laquelle fait allusion un passage du chapitre XVII, ligne 26 : Thoth qui a fait cela (ce livre) de ses propres doigts,^^<s>s^i=i^ ^^ . Cependant, l'expression 1^ , bras^ pourrait indiquer que Thoth est prêt ou armé pour le combat ; on sait qu'il fut l'un des principaux alliés d'Osiris dans sa lutte contre Set.
Le n** 3082 s'arrête pour cet hymne, sans finir la phrase, k^^ — qu'il fait précéder de ^.
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F.st rOsirts Aufankh jusUfié, fils de Sa-l-Klicm justifiéty avec eux dans l*Amenti.