LES MÉBIE9, LE CHOEUR
LE CHOEUR
Je sors de ma maison chérie^ je quitte le lit où repose ma vieillesse; appuyé sur ce bâton qui affermit mes pas chancelans , je viens entonner des cantiques de deuil , ainsi qu'im cygne mourant. Des pleurs et des gémissemens , qui disparaissent comme un vain songe , sont l'unique tribut que mon cœur puisse offrir à l'amitié. 0 enfems infortuné qui n'avez plus de père ! ô vieillard ! à mère désespérée qui pleurez un époux englouti dans le sombre palais de Pluton !
Donnez quelque repos à votre corps languissant^ cessez de tourmenter ces membres épuisés de fa-
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tigue et de douleur^ comme si sur la pente ^un âpre rocher vous animiez des coursiers soumis au )oug pour porter au sommet un accablant fardeau. Soulage-toi du^poids de ton propre corps : prends ma main , attache-toi k mes Têtemens, si tes pieds tremblans se dérobent sous toi : vieillard , suis un vieillard. L'un et l'autre, jadis unissant nos lances amies , nous prîmes part aux travaux de la jeunesse, et.nous ne déshonorâmes point une illustre patrie».
Voyez ces yeux menaçans : ce sont les yeux et le regard de leur père. L'infortune n'a point quitté ces enfans; mais les services de leur père ne sont point oubliés. 0 Grèce, quels défenseurs on te ravirait , en immolant les fils d'Hercule !
Mais je vois le souverain de cet Etat, Lycus, qui s'avance vers le temple*