SCÈNE II
LE CHOEUR seul*
0" ciel ! Pleure , cité malheureuse ! on moissonne la fleur de tes guerriers , on te ravit le fils de Jupiter. 0 Grèce infortunée ! tu perds ton bienfaiteur , il esten proieàux fureurs de Lyssa..*. Elle a fui sur son char chargée de gémissemens , elle presse ses coursiers de l'aiguillon , prête à commettre un attentat ; la fille de la Nuit , la gorgone Lyssa aux yeux étincelans , au front hérissé de vipères dont les cent têtes frappent l'air d'affreux sifflemens. Un dieu en un instant fait disparaîti'e le bonheur ;.... un instant encore , ô malheureux enfans , et^vous mourez de la main de votre père ! . . . Malheureux que je suis Î.4.. 0 Jupiter ! ton fils
•bientôt n'aura plus de fils. Les inexorables vengeances de la cruelle Lyssa le frappent de mille sanglantes plaies !•••• Elle commence cette danse funeste que n'anime point le tambour des bacchantes, que n'orne point le thyrse de Bronaius,d maison infortunée ! elle commence psup des libations de sang et non par.des libations de Bacdius, avec les coupes de nectar. ... 0 dxers enfans , lif re»vous à la fuite.^..; c'est un cri d'alarme , undiant de mort qui retentit à vos oreilles , il lance contre vous la meute parricide... Ce n'est pas en vain que Lyssa remplit ce lieu de ses fureurs... Dieux! la tempête ébranle ce palais , ses voûtes tremblent
et s'écroulent Hélas! hélas! ô malheur!...
hélas ! hélas ! . . . . Que mon cœur est touché dusort d'un père chargé d'ans , d'une mère si tendre qui voit s'évanouir ses plus douces espérances !... Ah. ah !... Que fais-tu , fils de Jupiter? Tel que Pallas poursuivant Ëncelade , tu portes en ce palai* le trouble et l'horreur du Tai*tare}
TIN DU QIJi.TBIÈM£ ACTE.
TRAGÉDIE d'eURIPIDE. 44^5
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