‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 11Chapitre 20 sur 100 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE CBOEURj seul.

Parmi les traditions que la renommée aux cheveux blancs répète aux montagnes d'Argos, elle conserve le souvenir de l'agneau à toison d'or que Pan ' plaça sous une brebis choisie avec soin; ce souverain des canaoagnes prit sa flûte de roseaux et fit entendre un chant plein de douceur. Aussitôt le héros se tenant debout sur sa tribune de marbre, s'écria : « A l'assemblée! Mycéniens, ac- » courez, venez voir les prodiges exempts de ter- » rcur, opérés en faveur de nos fortunés souve- » rains* » Les choeurs ornaient le palais des Atrides,

Les temples enrichis d'or ouvraient leurs ^rtes sacrées, la flamme des autels brillait de toutes paris, le lotos ^ ministre des muses faisait entendre sa dm^e voix, les chants aimables redou-

' Pan était fils de Mercure , et par conséquent intéressé à venger Myrtile tué par Pélops ; car Myrtile était aussi fils de Mercure.

' Sorte de flûtes. Proprement le bois , ou le roseau qu'on employait àleur construction.

TKAGÉDl]| D EURIPIDE. g^

blaient à Thonneur de Fagneau d'or. Thyeste usa d'artifice > il persuada h l'épouse chérie d'Atrée, séduite par l'amour^ de lui livrer cet agneau divin, et il l'emporta dans son paiais : puis retour nant à l'assemblée, il s'écrie que l'agneau à toison d'or est en sa possession , qu'il est né dans ses troupeaux.

Alors, alors Jupiter changea la route des astres lumineux , il repoussa la splendeur du soleil , et à la face radieuse de l'aurore , il les lança vers les plages de l'occident qu'échauffèrent de nouveau les traits brûlans de l'astre du jour. Aussitôt les nuées, chargées de vapeurs, s'élevèrent du côté de l'ourse; et les arides plaines d'Ammon, privées de la rosée des cieux, abandonnées des douces pluies de Jupiter, languirent desséchées.

On assure (mais j'ajoute peu de foi à ces vains discours) que ce fut pour punir l'injustice des hommes, que le soleil détourna son char d'or étincelantde mille feux , et changea sa route au préjudice des mortels. Effrayans récits pour les humains !x gain assuré pour le culte des dieux! Cependant peu touchée d'un tel souvenir, tu as immolé ton époux, ô mère de deux enfans géné-

reux!.

Mais qu'enlends-je? ô mes amies t ces cris ontils frappé vos oreilles,.... ... ou une vaine terreur

a-t-elle glacé mes sens? Quels sourds mugis-

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semens, pareils aux tonnerres souterrains de

Jupiter! Mais des clameurs nouvelles font i^e-

tentir les airs et viennent dissiper mes doutes. — Sortez, fille de mes rois, Electre, quittez Fenceinte de ces murs.

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