ULT88B
Vends-nous les viyres qui nous manquent.
SILÈNE
Je ne puis t'offrir^ comme je te Fai dëjà dit, que la chair de ces animaux.
1JLT8SB.
Cen est assez pour appaiser agréablemenl la
faim.
siiisifs.
J'ai aussi du fromage fait de lait caille et du lait de vache.
UJLT8SE.
Apportez ces vivres ici. C'est à la clarté du jour qu'on achète sans fraude et sans péril.
siLkms.
Et toi , dis-moi , combien d'or me donneras-tu en échange?
1TLY8SE.
Je ne t'offre pas de For, mais la liqueur de Bacchus.
douxproposUo. La Jliqueur dont nous somr mes privés depuis un si long temps!
DRAME 8ATYRIQUE. 279
ULYSSE
C'est même un vin que Maron m'a donnée Maron le fils du dieu <•
SILENE.
Quoi ! Maron que j'ai élevé et que j'ai porté tout jeune entre mes bras?
ULYSSE
Lui-même , le fils de Bacchus , afin qu'il ne te reste aucun doute.
SILENE.
Ce vin est-il resté dans le magasin du navire, ou bien l'aurais-tu pris avec toi ?
ULYSSE
C'est cette outre que tu vois , 6 vieillard î qui le contient.
SILENE.
Ehl il n'y en a pas là de quoi remplir ma bouche.
ULYSSE
J'en ai encore deux fois autant qu'il en coulera de cette outre.
' Maron était fils d'Évanthëe , selon Homère; selon d'autres, de Silène lui-même. Ëvanthëe était fils de Baccbus et d'Ariane r quelques auteurs le confondent avec Bacchus. H y avait en Thrace une yille appelée Maronée , qui produisait d'excellent vin.
280 JéH GTGLOPE^ •
I^ belle source que tu m'offres , qu'elle me réjouit le cœur !
ULYSSE
Veux-tu que JQ te fasse d'abord goûter un peu de ce vin pur?
SILÈNE
Tu oê raison. Ce premier goût fait acheter avec plaisir.
ULYSSE
J'ai appoitë fort à propos une coupe avec mon outre.
SILÈNE
Allons^ verse à grands flots y afin qu'après avoir bu j'en conserve le goût.
ULTSSE.
Tiens.
SILÈNE
Papéax' !.... la beUe odeur I
ULYSSE
Tu Pas donc vue? .
SILÈNE
Non, par Jupiter: mais je la sens.
' Cri (le joie.
pI^AME SATTRTÇtrE. 281
ULYSSE
A pi'ésent goûte-le, afin de ne pas louer seulement en paroles.
Babé ' . . . . Bacchuf m'invite à danser.— Ha, ha, ha!
tTLYSBE. y
X'tril arrosé ton gosier comme il faut ?
silèhe.
Je le sens jusqu'au bout deà ongles.
1TLY8SE.
J'ajouterai cependant à cela de* l'argent monnoyé.
SIlii5E.
Laisse-là ton or, et donne-moi seulement l'outre.
VLYSSE.
Apportez à présent vos fromages et vos moutons.
SILÈNE
Oui , je te les apporterai ^^ns me soucier de num maître, car pour boire un seul coup, je donnerais de bon cœur tous les troupeaux des Cyd^pes; et je consens qu'on me précipite dans la mer
' Exclamation de surpriae , avec l'inflexion molle d'un homme qui a la bouche pleine et une lorte de demi-itresie.
282 !«£ GTGLOPB^
du haut du rocher de Leucade ' , pourvu qu'auparavant on me laisse m'enivrer à mon aise, et que je sente s'élever un doux nuage sur mes yeux. Oh ! qu'il faut être fou pour ne pas se trouver heureux quand on hoit , lorsqu'ëchauffe par ces doux feux on se livre à l'amour ^ y à la daùse y à l'oubli des maux! Après ^la^ je n'achèterais pas un si hon vin ! Je ne laisserais pas pleurer à son aise notre Cyclope et son gros œil!
n entre dans la grotte pour chercher le fromage et les montons.