‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 11Chapitre 8 sur 100 · ORESTE, PYLADE · texte numérisé non relu

ORESTE, PYLADE

ORESTE

Pylade,.tu es le premier des hommes en qui je trouve un ami et un hôte fidèle : seul de tant d'amis , tu n'as point abandonné le malheureux Oreste , quoique tu n'ignores pas les injustes rigueurs qu'exercent à la fois contre moi Egisthe meurtrier de mon père, et une mère complice de ses attentats. Maintenant conduit par l'orade d'un dieu, j'entre en secret dans le territoire d'Argos, pour expier la mort d'un père par le sang de ses meurtriers. Cette nuit même je suis ftUé sur son tombeau, je l'ai arrose de mes larmes, j'ai offert h ses mânes les prémices de mes cheveux, et j'ai fait couler sur le bûcher le sang d'une brebis immolée, sans que ceux qui ont usurpé le pouvoir en aient eu connaissance. Je ne veux point porter mes pas dans l'enceinte des murs : occupé d'un double soin , je dois m'ari^-

• TRAGÉDIE d'eURIPIDE. 4^

ter sur les confins de cet Etat , car d'ici je puis aisément chercher un asile dans une terre étrangère, si quelqu'un vient à me reconnaître, tandis que je cherche ma sœur. On dit qu'elle est soumise aux lois de l'hymen , qu'elle a quitté la couche virginale. Si je puis découvrir sa demeure et avoir avec elle un entretien , je trouverai en elle un utile secours , et elle pourra m'apprendre avec certitude ce qui se passe dans Argos.

Mais déjà l'aurore lève son front radieux; sortons de ce sentier , et rentrons dans la plaine, fiientôt sans doute nous verrons paraître quelque diligent laboui-eur ou quelque femme occupée du service de ses maîtres ; nous pourrons les interroger et apprendre d'eux si ma sœur habite ces lieux.. •• En eflfet, j'aperçois une femme qui porte sur sa tête rasée ' de l'eau qu'elle vient s^ doute de puiser à la source la plus prochaine. Pylkde y asseyons-nous, écoutons cette esclave, voyons si nous ne tirerons point d'elle quelques lumières sur l'objet qui m'amène en ces lieux.

' Electre avait la tété rasée en signe de deuil; mais OresU suppose que c'est un signe de servitude.

5o ÉLECTRB ,

Page 1