‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 11Chapitre 92 sur 100 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

ï. Lê^ côMëdies se jouaient pàt autorite pu-^' blique trois ou cjuatre fois Fannëe^ aux fétei Dionysiaque ' , vers le printemps et dans la ville > aux Panathëne^es ou fêtes de Minerve tous les cinq ans y et aux fêtes de Baochus Lénëen ^, sur là fin de chaque automne dans \eà chanips. Outre ces fêtes ; on prétend qu'il y en avait encore une partictdière de Bacchus^ nommée Anthesteries ^ qui se partageait en trois ^ qu'on appelait fête des tonneaux y des tôUpps et deâ marràites. On dit que {.^excommunication d'Oresle donna lieu à la fête des coupes ^. Elle était aussi aflfectée aux spectacles. Cétait dans ces jours que les poètes tra* giques et comiques disputaient lé prix. Les pre^ miers doiinaient leurs pièces quatre à quatre ^ excepté Sophocle qui ne jugea pas à propos ^é

' De Bacchus sous le nom de Dtonjnios.

* Ainsi appelé k cause du pressoir >]fV9«.

8 Euripide en parU dans Ylphigénie en Tauride*

.CooqIc

45o OBSERVATIOHS

commuer un si pénible exercice, et qui se bornt à donner une seule pièce chaque fois pour disputer le prix au concours.

II. 11 y avait'des juges ou commissaires nommé» par l'Etat, afin de juger, dans le concours, du mérite des pièces, soit comiques, soit tragiques^ ara^t de les représenter dans les fêtes. On les jouait devant eux, etmême en présence du peuple ' , mait apparemment sans beaucoup d'appareil. Les juge^ donnaient leurs suffrages, et la pièce qui amt la pluralité des voix était déclarée yictoriense, couronnée conmie telle , et représentée arec toute la pompe possible aux frais de la republique. On ne laissait pas de réprimer aussi celles qui n'é* talent qu'au second ou au troisième rmg» Ce n'était pas toujours les meilleures pièces qioÀ avaient la préférence ; mais dans quel temps la brigue, l'aveuglement, l'inconstance, le caprice et le préjugé n'ont-ils pas eu lieu?

IIL II ne paraît pas qu'Aristophane ait joué lui-même s^ pièces, sinon une seule fois pourlç rôle de Cléon dans les Chevaliers j et cela, parc»

' Cela paraît être par tm mërtit d'ixistopluiM dans k* Oisêawc , act. Il*

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que Cl^on ëu^it tellement redouté ^ qu'il ne se trouva aucun acteur assez hardi pour oser le jouer; du moins ce fut Ja premicr*e fois qu'Aristophane mguta sur le théâtre. Cal^istrate et Philonide étaijent ses acteurs ordinaires. Le premier mettait au théâtre les pièces qui ne regardaient pas directement l'Etat et les particuliers : tel est le Plutus* Le second jouait celles qui peignaient les Athéniens présens d'après nature , et qui s'adressaient à la république en corps. C'est ainsi qu'en parle l'auteur anonyme de la vie d'Aristophane.

IV. Quoique les comédies grecques qui sont venues jusqu'à nous ne portent pas les titres qui marquent leur division en cinq actes ^ non plus que les tragédies^ il est aisé d'apercevoir cette division naturelle * , que les poètes ont exactement suivie , et de la marquer en examinant la nature du spectacle. Leurs commentateurs l'ont marquée

' Cette division ne nous parait pas aussi naturelle qu'au P. Brumoy; et rien ne prouve que les Grecs s'y soient attachés. J'ai ménie observé , au contraine , qne cette manière de diviser régulièrement les pièces y leur était incoMiue. Les anfiiennei éditions en sont une preuve. Let RouMui^s sont les prei^Â^rs qui aient divisé leurs drames en actes.

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dans la plupart des pièces. J'ai divise de inéilii celles qui ne Fêtaient pas dans le poëte comique^ tel cjue nous Tavons aujourd'hui.

Y* Nous li^a^ns point la première Amélie d'Aristophane* Elle était intitulée lesDéutaliem^. îl la fit jouer sans se faire connaître , parce qu*il était trop jeune selon les lois, ijui défendaient aux poètes de composer ou de donner au théâtre des comédies avant l'âge de trente , d'autres disent de quarante ans *• Elle fut représenta par Cal* listrate , sou» l'archonte Diotime > la première année de la quatre-vingt-huitième olympiade ^> et fut jugée mériter la seconde place 4. Cette date sert en partie à fixer celle de quelques autres. Mais indépendamment d'elle, la plupart des comédies les plus essentielles qui regardent Ytiiat, ou des hommes distingués dans Athènes, ou la guerre du Péloponnèse , durant laquelle furent jouées presque toutes celles que nous avons, sont

* Peuple de TÀttique*

* Voyez la ^oène du chœur aux «pectateurs dans iu Nuit» \ et le tcholiaste à ce sujet.

s Un auteur anoDyme dahs la description des olympiades.

4 Scholiaste sur les Huées,

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axées par les paroles mêmes d'Aristophane , par d'anciennes préfaces grecques sur. les œuvres , par les scholiastes , et par les raisonnemens qu'on peut tirer de toutes ces choses réunies. On en verra les preuves en leur lieu, preuves d'autant plus nécessaires que lés comédies en ont besoin pour être entendues. C'est ce qui m'a déterminé à les arranger de la manière suivante ' i

jouëes dans la

\ Les Achamiens'^^

2 Les Chevaliers f

3 Les Nuées ,

4 Les Guêpes y

5 La Paix y

6 Les Oiseau JC^

7 Les Fêtes de CévèSy

8 Ljrsistrata^

9 LesGrenouiUes^

lO Les Harangueuses y

XlPlutUSy

Tel est l'aiTangement des congédies d'Aristo-

xvin

fonëes

eu

f- L'an IV de 1»

69» olymp. Date incertaine'

L^an iv de la 97» olymp.

' Après MM. Samuel Petit, Panlmier de Grentenesnil, Span^ btim , Kuater , el Aristophane lui-même.

' U faut prononcer let Acamùns^

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