‹ Traduction du "théâtre des Grecs", Volume 12Chapitre 11 sur 112 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

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V^TO de mauvais momens dans ma vie ! Pour des Iwns, y'enaieupeu, très-peu, quatre au plus; tandisque mille millions » de chagrins m'ont assailli. -Mais^ voyons guel plaisir j'ai eu, et s'il était bien fiuidé ? Bon I je me rappelle une occasion : elle

' if«t/ifiox9ffe9yi/jyeiflo[ , mot grec composa par Aristopliane pour exprimer le plus grand nombre possible , comme Fexplique Maerobe (Satum, v, îm).); ipàefifioxé<rtet plusieurs, y«y9y«yc« multitude innombrable. J'use de la même licence qu'Âristopbaâe pour rendre ce composé : je ne fiiis qu'un seul mot de deux mots miÛe miOtons. Le traducteur italien traduit : ma in innumerahiÏÏ mi son accùrrociatO' Cette traduction italienne est ancienne ; en voici lé titre : Le comédie del Ëicetissimo Aristofane , tradutte di Greco in lingua commune d?Italla,per Bartolomio et Pietro Rositini de prat'alboino. In Venegia, m. d. xlv. petit format in-S<>, i vol»

3S LBS ACHARNIEHS,

était excellente : ce sont ces cinq talens que Cléon a été obligé de vomir. la bonne èhose! Aimables chevaliers y vous avez fait là une action digne de la Grèce ! . . . D'un autre côté, que de déplaisirs! Au théau-e , j'auends long-temps , la bouche béante , qu'on annonce Eschyle; à la fin l'on s'écrie : Théognis^ y faites paraître le chœur. Jfugez quel coup pour moi î Autre bonne rencontre ; c'est Dexithée qui, concourant pour le prix^, allait toucher un air béotien. Au reste, je n'ai pas été en plus mortelle position 3, qu'au moment où j'ai

vu Chaeris prêt à jouer un air orthien4 Mais!

Depuis que je me pique de propreté , je n'ai jamais éprouvé pareille cuisson dans les yeux ; tant ils sont chargés de la poussière que je vois ce matin , à l'assemblée suprême , s'élever dans ce Pnyx désert , pendant que chacun s'amuse dans le mai'-

' Voyez plus bas, scène YI, ce qu'Aristophane pense de ce poète.

^ Eiff fiLoax^ » pour le reau : car , comme l'obserye le scholiaste cité par M. Briinck : Orc é v<x)fo-a$ o($>dv i'kifjLSocve fjL9<rx»V' La plupart des interprètes ont fait un poète musicien de fiivxoç : ils ignoraient que le prix du concours pour ceux qui touchaient de la cithare , ëtait un veau , et un taureau pour les poésies dithyrambiques. Voyez Bentley, m JJissert, phalar* de origine tmgœdiœ, pag. 170.

3 J*ai interprété r«r($ d'après le traducteur italien , beaucoup plus littéral en cet endroit, où il traduit : EdaVhora io mon, et mi riuolgei quando uidi Cheride incMnarsia Vorûào.

♦ Voyez la note a dans le Dialogue sur la musique, de Plutarque, tom. XXII, pag. 181. Paris, Cussac.

ché, et cherche, de côté et d'autre, à éviter les coups de cordes colorées. Les Pry tanes^ même n'arrivent pas : à la dernière extrémité , ils se presseront, et comment? Ils fondront par pelotons, et se précipiteront à Fenvi sur les premières places. Quant aux moyens de paix , ils n'en ont nuls soucis. Athéniens, Athéniens !.... Pour moi , j'arrive toujours ici le premier ; et , me voyant seul , je m'assieds, je soupire, je baille, je m'étends, je me soulage^; je ne sais que faire, j'écris, je m'é-

' Les Prytanes étaient des officiers qui devaient pré&ider le sënat , compagnie instituée par Solon , afin de prévenir le danger <{u'il y avait à laisser la puissance absolue dans le peuple. (Voyez Plutarcpie, VU de Solon, tom. i, chap. XXX, XXXI. Paris ^ Cussac.) Ces Prytanes étaient au nombre de cinquante, quand

nbres. Ce sénat s'assem-

îs Prytanes , et quelque-

îs des jours de fêtes. Ce

gique au contraire était

Lu ressort du premier ; et

mblée suprême , sans un

ons des Prytanes étaient

Paires qu'on y portait, de

L'y présider. Voyez VHû'

Qt du monde jusqu'à pré^

teski; traduite de l'Anglais par une société de gens de lettres ,

in-S^ Paris, Moutard, 1779, tom. IX, pag. 236 et suiv. JRc-

JUctions on thé rise andjàllofthe antient repubKcks. By Montagu,

junior. London, 1760. pag. 81. M. Larcber,de l'Académie des

Inscriptions et Belles-Lettres, dans ses IÇotes sur Hérodote f

tom. I, pag. 4i5 et suiv., et tom. IV, pag a^i et 29S , f'« .édit

* KÎp^ofjLtxt , pedo , tiro corezze.

4p .Lfll ACBAMiiEVSf

pile^ je cftloule. Les champs me reyienneu en tête ? alors , plein d'ardeur pour la paix , de haine pour la tille ; je regrette n^dn bourg. Là^ jamais ce cri déchirant ^ achetez mon charbon , mon vinaigre^ mon huile : là, point à^achetezj ce cri déchirant» en est banni, parce qu'cwi trouve tout chez soi*. Je suis donc venu ici aujourd'hui , bien décidé à crier, à clabauder, à rabrouer les orateurs (jui proposeront d'autre sujet que la paix. Mais bon, voici tes Prytanes : ils arrivent k midi. Je l'avais bien dit. Voyez comme ils se jettent sur les premières places ? Ne l'avais- je pas prévu.

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