ACTE IL
La ptetnière scène n'est que le sacrifice de Dif^asopolis. Il impose silence à ceux quHl rencontrée n est suiyi de sa femme > de sa fille ^ et de ses valets , qui portent ce qui est nécessaite au sacrifice. Je ne dois pas insister sur cette scène > pi sur la prière du sacrificateur > excepté sur u» seul endroit qui confirme la date de cette pièce. Le voici. » OPhalès^ je m'adresse à vous, à la sixième M année ^ , qui enfin me fait revoir ma chère pa- M trie , après mon traité particuliet* avec les La- * cédémoniens. Me Voilàdoncdélivté des misères^ » d^ inquiétudes et des Lamachus. » Lamachus était un général d'armée d'Athènes <jtti joue son rôle dans cette comédie , c'*est-à-dire, qui y est tnaltraité en personne malgré sa dignité et ses exploits.
leeiœur entendant parler t)icœopolisde traités^ tourne toute sa colère contre lui, et se dispose à
' n y avait donc six ans qtie U guerre du I^ëloponnése était commencée quand on joua cette pièce. Cette date de six ans est encore énoncée dans un autre endroit, où il est dit que depuis six ans on ne Voyait f^us d'anguilles de Copaïs , lac de Béotitf ^ ^ cause de la guerre qui interrompait ce commerce.
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20 LES AGHARm£NS,
le lapider. Le citoyen demande qu'au moins on Tdcoute : cela fait un jeu de théâtre. Le^ Acharniens s'emportent contre ceux de Laccdémone commesi c'étaient des gens sans foi. Dicaeopolis se met en devoir de les justifier, et de prouver qu'ils ne sont pas les auteurs des maux de la Grèce. Le ohœur s'irrite de plus en plus. Leur compatriote a bea u demanciei: grâcej on s'apprête aie lapider sans miséricorde. Le villageois, ne ^chant commêiit -se tirer de leurs mains, s*avîse d'un stratagème > c'est de lès' menacer de tuer léiirs amis qu'il a en otage. Cctie menace est pour eux une énigme qu'ils ne comprennent point. A-t-il quelqu'un de nos enfans chez lui? Mais il éclaircit le nlystère par une bouffonnerie, afin déparodiei* lé Télèphe* d'Euripide. Car comiheTélèpbe, pour se sauver des mains des Grecs, menacé de tuer Oreste, de même Dicœopolis tire l'épéie , âfi:n de pe^éët , le devinerait*-oh? lin sac de chàrbojfîs'^.'Oîl he voit pas là le mot pour rire, même en se traniporlamt
* Tragédie perdue. d'Euripide. Le ^choliaste pre'tend r ^^^^ preuve , (|ue le poète attaque ici le Télèphe d'Eschyle. Aristophane h\t à-peu-près \ai même parodie daus /«« Harangueuses , o4 il s'agit du Te/èy?^ d'Euripide.
° La plaisanterie bonne Ou mauvaise , que'le^traducteuf n'aperçoit pas , consiste en ce que les Acharniens qui composent le chœur de ceUe pièce.» étaient presque tou? charbonniers de profession ; et qu'ainsi un sac de charbons devait leur être quelque chose de cher et de précieux. ( Note de l'ancien éditeur. }
à Athènes, si ce n W la parodie. A l'égard des charbons qui sont si chers aux Acharniens^ qu'ils demandent grâce j^ur eux avec des larmes comiques, j'ignore où est la finesse^ si ce n'est de dire (jue les vignes d'Achame ayant été brûlées , elle* tenaient si fbi*t au coeur des habitans , qu'ils en chérissaient jusqu'aux charbons, ou parce qu'ils aimaient leui^ foyers , et qu'ils ne haïssaient pas la bonne chère , ou tout simplement parce qu'ils faisaient commerce de charbons^ Aussi Aristophane fait-il dire au choeur composé de yieiUards , qu'ils n'ont plus cette légèreté avec laquelle ils égalaient celle de Phayllus"», bien que chargés de sacs.de charbons. Quoi qu'il en soit, le poëte )oint tellement l'idée de charbons avec celle d'Aîait presque invoquer une r il la compare h la fumée d on fait griller les viandes, rs et ces railleries à une et petits, nobles- et roturi.ers, riches e.t pauvres, tput était égal en faitde politique et 4e liberté. Du reste, Dicaeopolis, pour parodier jusqu'au bout la scène de Télèphe , badine sur la peur de ces charbons qu'il menaçait }
' Phayilus , célèbre par ta légèreté k U courte. Une épigramme , citée par le tcholiatte, dit qu'il avait tauté P espace decinquante pieds. Apparemment qu'il ne s'agit pas d'un sauta
plattc*terre.
22 LES ACHARKIENS9
il leur pardonne , et met bas l'ëpée y quand les Acharniens ont laissé tomber leurs pierres*
La trêve ëtant conclue entre cet homme et ses compatriotes , il se détermine à leur parler en faveur des Lacédémoniens, quoique cette matière lui paraisse infiniment délicate. Car, à Ten croire, les Athéniens , et tous ceux des bourgs de TAt-» tique, veulent être loués, flattés et caressés par les orateurs. Ils ne veulent pas voir qu'on les trahit ; ils ne cherchent qu'à juger du matin au soir, surtout à condamner , sans s'embarrasser des af-^ faires les plus essentielles de la Grèce et de l'Etat, C'est ainsi que Démosthène dans la tribune gourmandait les Athéniens. On trouvera souvent, en lisant notre pdëte , que j'ai eu raison de dire qu'il ne les gourmaiidait pas moins sur le théâtre. « Je » sçais, apute IHcaeopolis au nom d'Aristophane, » je sçais ce qu'il m'en coûta pour ma comédie de » l'an passé. Cléon me traîna à leur tribunal , et » avec uù bruit effroyable ' , il déchargea sur moi » des torrens dnmpostures et de calomnies; en un V mot, je pensai périr dans le bourbier où il me » plongea. » Cette comédie était intitulée les Ba-* ijfloniens ^, et Cléon y avait été apparemment
' Glëon ayait la voix forte et enrouée y 01^ le verr^ d^s U 9uite.
\ • Coipëdie perdue.
maltraité.Gomme cette pièceavait été jouëe vers le printeiapsaux fêtes dionysiaques en préseiice <Jes alliés qui apportaient alors leurs tributs à Athènes», Cléon en prit occasion d'accuser le poète d'avoir livré les citc^ens et l'État à la risée des étrangers^ Il lui disputa même son droit de ci-, . toyeu d'Àttique^ Aristophane se tira de cette affaire y ainsi que nous l'avons expliqué dans le discours précédent. En jouant la comédie des Achan- TÙens y il ne se trouva plus dans le même cas, puisqu'il la représenta aux fêtes Lénéepnes, sur la fia de l'automne, temps où il n'y avait. plus d'étrangers dans la ville» C'est ce qui le fiait parler si librement, et plus librement que jamais, de la répubUque et de Cléon; Le procès que lui fit Cléon, donna lieu à la comédie suivante^ intitulée hs Chevaliers^
Le villageois, en finissant sa plainte,, s'avised'un artifice comique pour parler sans danger en faveur des Lacédémoniens : c'est de se déguiser en gueux afin d'exciter davantage la pitié. » Pour- » quoi tant de détours , dit le chœur , prenez-moi ^ 1^ casque infernal du poète Jérôme, et partez >* comme un Sisyphe ^. Ce Jérôme qu'on raille
'Voyez Samuel Petit,. Jllwc«Zia»» i , î«
' Sisyphe , selon la fable , revient des enfer». ( Voy. PhUoctèu , lom. m, pag. 496.). Voici comment Noël de Comti raconte la
24 I^ES ACHAllNIENS,
» ici était un poëte tragique' ; mais extraordinaire n et irrégulier dans ses imaginations dépourvues n de jugement. H visait au terrible, et ne lais- » sait pas de s'attirer quelquefois des applaudis- » semens. » Il avait une grande et noire chevelure qu'Aristophane appelle perruque ou casqae d'enfer, par allusion à yn prdverbe fait au sujet de ceux qui se rendaient invisibles par enchantement.
Afin d'exécuter son projet de gueuserie, le bourgeois d'Acharné frappe à la porte d'Euripide. Le valet Céphisophon ouvre. Euripide est-il ici ,
chose ^près Démëtrie sur les olympiques de? indare. «Les autres » maintiennent que Sisyjpbe fut condamne à rouler sa pierre » aux enfers , pou^ avoir déloyaument trompe les démons sou- ^ terrains , disant qu'après sa mort il descendit aux enfers , et 1» fit là<']>as un tour de son métier à Pluton. Gomme il était en *» l'article de la mort , il commanda à sa femme de jeter son "» corps eaimi la place sans sépulture. Ce qu'elle ayant fait , il » demanda permission à Piutpn 4'aller châtier sa femme qui te- » naît si peu compte de lui , promettant de retourner en bref. T^ Mais lui étant sa requête accordée sous cette condition, comme 9 il eut dé réchef goûté Fair de ce monde , il ne voulut plus re« » tourner en Pautre , jusqu^à tant que Mercure l'empoignant » au collet f Vj ramena , mettant en exécution ledit arrêt des » dieux contre lui. D'autres veulent encore que ce soit pour avoir » pris à force sa nièce Tyrrho. » Traduction de Jean de Mont« lyard, 1607.
' Suidas , au mot Hiérànym^*
dit le bourgeois? Il y est et n'y est pas » , répond le Talet. H s'explicpie: c'est que le coi'ps d*Euripidey est; à l'égard de son esprit^ il bat h campagne pour i-ecueillir de petits vers. On appelle Euripide. Il se fait tirer l'oreille. Enfin il arrive; et Dieaeopoliâl avec cet air goguenard que preâd^ volontiers Aristopjiane au sujet d'Euripicfe^ demande par (charité à ce poète quelqu'un de ces lanabéaux tragique^ dont il a coutume de revêtir ses personnages. « Car en&n, dit-il, il >» me faut faire à ce peuple ur> long discours , » qui étant mal dit, me procurerait la mort ».
Euripide lui propose plusieurs de ses diverses
tragédies. Mais l'autre répond toujours : w ce
» une dont le héros est
» On nomme enfin Télé-
^ bourgeois, ce sont ses
'^ , Holà quelqu'un , dit
» rte les habits déchirés
>* < ira sur ceux de ïhyeste
On les apporte ; et Dicœopolis s'en revêt en disant quelques plaisanteries de même goût ; par
' Ce mot parait une parodie de quelques repenses ambiguës > de ce goût qu'on trouve dans Euripide , comme quand il fait dire au sujet d' A.lceste : Elle vît et ne vit plus, ( Voyez jilcesu , m. I,8c.IV.)
' Tragédies perdues.
36 LES ACHAKNiBINS,
exemple qu'il lui faut, dans celte conjoncture paraîtra gueux, et non pas Têtre; être riche aux yeux des spectateurs y et pauvre en apparence pour amuser de vaines, paroles les sots Âcharniens.
Devenu gueux ^ il importune de plus en plus Euripide par ses demandes toutes comiques dans le même geni^, jusqu'à lui demander un paquet de ces Iieï:bes que vendait sa mère. C'est lux reproche qu'Aristophane fait souvent à 'Euripide > que celui d'être fils d'une vendeuse de légumes. Que la chose soit vraie ou fausse , la discussion en est peu utile , et encore moins aisée. Tout cela était extrêmement malin pour le temps* Euripide indigné, fait fermer la porte au nez de Dicœopolis. Celui-ci , métamorphosé en Télèphe , en prend toutes les manières et tous les gestes. Il rappelle son courage , et avec la permission qu'il obtient d'une partie du chœur, il commence sa harangue j ou plutôt la parodie de la belle scène de Télèphe. On jugera de ceA parodies de pièces per** dues , par celles qu'on verra de quelques tragédies que nous avons.
Voici le fond de la harangue , où il faut supposer ce sel de parodie. Dicœopolis prie les Athéniens de ne pas trouver mauvais qu'il ose parler d'affaires d'Etat, quoique gueux , puisqu'il fait Une tragédie, et que la tragédie a pour objet ce qui Qst juste, n ajoute que Cléon ne se plaindra plus
(p!i\ parle mal de la république en présence de&
étrangers ^ Tel est Fexorde. Il déclare ensuite
(ju'il hait les Lacédémoniens. « Mais après taut ,
» dit-il , pourquoi les accuser de la perte de nos
» vignes ? Au moins je ne parle point d'Athènes ;
» songez, dis-je , Messieurs, que je ne parle point
» de l'Etat. Mais quelques hommes perdus , dif-
» famés, sans foi, sans loi, sana naissance, ca-
» lomnièrent les Mégariens. Tout devint Méga-
M rien à leurs yeux. L'pn n'apportait rien au
» marché qui ne le fût , Qt qu'on ne confisquât
» sur ce pied-là. C'était peu. Nos jeunes étourdis
» dans l'ivresse vont à Mégarç, et enlèvent Sim^ae-»
» tha. Les Mégariens, pour s'en venger, dérobent
» deuxcQurtisannesd'Aspasie. Voilàla source de la
» guerre qui inonde la Grèce. Trqiscourtisannes!
» Voilà la cause des emportemens de Périclès.
i» FoiJà jpourqtioi il a tant éclaté, tant foudroyé^
» dans le Sénat, et brouillé enfin la Grèce entière.
» Voilà le principe de cet édit fatal qui interdisait
» aux M^ariens la terre et la mer. Ceux-ci con-
» traints par une cruelle nécessité , prient les La-
p cédémoniens de solliciter pour eux 1^ rescission
' U Vensiiit donc des paroles mêmes d'Aristophane , que cette •omédie parut aux fêtes de Baçchus sur la fin de l'automne , lors^ que les étrangers n'étaient plus à Athènes.
' Ce passage est cité par Cicéron , pour faire voir le ca^ractêre de l'éloquence de Périclès^
28 LES ACHAlllMtlîîS,
» d'un si funeste décret porté pour un sujet si i» frivole. Nous n'écoutons ni les prières ni les » soumissions. DeJà les fureurs de la guerre » et le bruit des armes. Il ne fallait pas cela , dii ra-t-on. Dites donc ce qu'il fallait faire? » C'està-dire comment se devaient comporter les Lacédémoniens. Dicœopolis en effet apporte aux Athéniens un exemple comique , mais qui ne souffre pas de réponse. « Si quelque Lacédémonien eût » enlevé un chien » à ceux de Sériphe , la moindre >» de vos îles 2, et qu'on vint vous demander jus- » tice^ ne vous verrait-on pas aussitôt en mou- » vement pour équiper trente vaisseaux afin de j* venger cette injure? etc. »
Le chœur se partage en deux bandes , dont l'une bUme et l'autre approuve l'orateur. L'une trouve
' « Sdpposoni qu'un Lacëdéteonien eût 'abordé dans un esquif m votte tle de Sëriphe , qu'il y eât tué uiîe petite chienne, quand » bien même il la leur rendrait ainsi morte , etc. » Sëriphe , appelée par Ovide parva Sen'pkoi y aujourd'hui Serfo on Sériphante, n*était gnères connue que par ses grenouilles qui ne criaient point, à ce qu'on dit. Elle était du domaine d'Athènes et peu éloignée de Lacédémone ^ vers la côte orientale du Péloponnèse Ou de la Morée.
Kuster adopte une autre interprétation. « Je suppose qu'un » LacédémÔtiieii , secrètement vénii dans un esquif , eût enlevé h futtivem^it un ehiende Sériplie^y«il^4t yenflu en pays étran- » ger. » peu importe au fofidt-(Note de l'ancien éditeur.) .
' Sériphe , petite île de la mer Egée , une des Cyclades > rocher pelé et presque désert, du temps d'Aristc^haue.
COMÉDIB. 29
(fdil dit la vérité , laulre prétend qu*îl ne fout pas la dire. Grand bruit de part et d'autre. La discorde qui s'en m^e , fait qu'on appelle a grande cris Lamachus au seopuiis.
Il vole sur le champ à ces cris de guerre. li fait Tempressé comme s^iU'agis$ait d'une surprise lie l'ennemi , ou d'une sédiûon fort sérieuse. On lui défère un gueux qui parle avec audace des affaires d'État y et calomnie la ifépublique. Dicaeopolis fait beaucoup de soumissions i^illeuses au grand Lamachus pour obtenir un moment d'audience. Il contrefait l'eflFrayé à la vue de Tarmure, des plumes, et des aigrettes du terrible guerrier. Ainsi l'appelle-t'il en tremblant , pour le tendre ridicule au suprême degré. C'est, si je ne me trompe , une imitation burlesque de l'adieu d'Hector à Âiidromaque, qui est un des plus beaux endroits d'Homère. Car Hector , en disant à son épouse un adieu qui fut le dernier , remarque que l'enfant Astyanax qu'elle tenait entre ses hràs , eut peur du casque chargé d'aigrettes , que portait ,son père; et il est dit qu'Hector le mit bas. Dicaebpolis, tout saisi d'eflfroi', prie Lamachus d'en faire de même. Le général , qui sient la raillerie, veut «e fâcher. Mais le prétendu gueux quitte son personnage, redevient lui-même, fait le fâché à «mi tour, et muni de ses thiités comme d'un bouclier^ il fait £ace à son adversaire* Il lui reproche assez
3o Les àcharïïièSs >
aettenlent d'avoir été fait général plutôt par k Voie de Vârgent, que par celle du mérite^ Il le gourmande sur sa jeunesse et sou oisiveté , tandis^ qu'il profite , comme beaucoup d'autres qu'il in»» sinue, des téconipenses dues aux services et à là valeur* république ! s'écrie Lamachus. Doit-on supporter ces outrages? Non , répond Dicaeopolis^ on ne devrait pas les soufirir> si tu n'étais pas au service de la républiquCé
Le premier jure une guerre éternelle àux.Pélo-. ponnésiens; et l'autre, en vertu de ses traités^ leur permet à tous le commerce avec Âtbènes^ excepté en faveur de Lamachus. Tous deux s'é*tant retirés, le chœur fait un de ces intermèdes satyriqués ' > que j'appellerai discours aux specs tateurs.
On y parlé en faveur et au nom du poète. Par. la bouche du chœur , il se lave des calomnies que ses enneniis ont lancées contre lui ; il se justifie en particulier sur l'accusation d'avoir maltraité le peuple et l'Etat dans ses comédies 2. Il prétend au contraire tnériter de grandes récompenses pour avoir tâché de détromper les Athéniens au sujet des vaines proniesses des nations étrangères^ Maid
! Paifabasis.
* I)aii8 ctiUes que nous n'avons pliis ^ surtout dans les Bafyla^ tdenê. La première était intitulée les Dtutalisns,
COMÉDIB. . ^^
il se justifie avec hauteur et avec déri^oàr* Plu^ cynique et non moins hardi que Dçmoslhéne> ihraite ses concitoyens d'enfans et de dupes. Il leur reproche leur imbécillité à se laisser séduire pat les fades louanges des étrangers , qui se récrient sur la beauté d'Athènes , cfl qui ne font rien pouif elle ; tandis que lui Aristophane a seul osé leur ^re la vérité en plein théâtre au péril de sa viCi^ Il ajoute qu'à ce seul titre de véridique censeur , il est devenu l'objet de la curiosité de tous les al-* liés et tributaires d'Athènes^ « Que même sa j» gloire a été si loin , que le roi de Perse y inter-^ » rogeant un jour les ambassadeurs de Lacédé- » mone , après leur avoir demandé quels peuple» » de la Grèce avaient le plus de force sur mer , » Aristophane et wir
>^ i traits satyrique^y
« ndaientau bien, et
» lient , ils seraient le»
» Dur cela , continue-
« is demandent qu'cm
« iminaire de la paix ,
« non qu'ils se soucient beaucou|> de ce port, M mais afin de nuire à ce poète ^ » Du reste, le chœur demande aux spectateurs qu'on laisse faire
' n Êillait qu'Aristoplune eût du bien dans Égine. Aussi Cléûn raTait-il accusé d'être Éginète. Voyez le Dhcçun prélimirmre.
32 LES ACHAai^IEKS,
Aristophane, qu'il n'a en Tue que le bien public^ et qu'il le procurera de toutes ses'forces , non par des adulations basses , ^ par des souplesses artifi» ^ cieuses; mais par de salutaires avis. lldëfieCléon. Qu''en auraiv*il à craindre, ayant pour lui la droi* ture et l'éqUite, assuré d'ailleurs qu'il ne sera jamais répréhensible de lâcheté en fait de bien ^ public y comme l'a été son ennemi ? Il n'y a cer^ tainement plus de république oà l'on ose paifler sur ce ton , et dans une comédie , aux premières^ personnes de l'É'tat^ et à la république assemblée. Je me suis étendu sur ce point , parce qu'il jetw un grand }our sur les inimitiés personnelles entce Aristophane et Cléon , sur la ^x^putation du ppëte.^ et sur le caractère de la vieille comédie. Il serait à souhaiter qiie nous eussions de même la clef de quantité d'autres particularités , sur-tout de l'inimitié d'Aristophane et d'Euripide. L'acte finit par une réprimande du choeur qui reproche à la république la préférence qu'elle donne aux jeunes citoyens sur les anciens daâs le gouvernement de l'Etat et le commandement des armées. Cela re^ garde en partie Lamâchus. U était jeune, et il n'avait pas encore fait parler* en sa faveur les belle» actions qu'il fit depuis, et qui obligèrent AristCH phane à lui rendre justice*
eouÉDïM. 55
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