I.B VIEILLARD
Cet homme me paraît évidemment devoir être un excellent citoyen , tel qu'on n'en a trouvé aucun jusqu'à ce jour, parmi tous ces gens à une obole. Pour vous, Paphlagonien , qui m'avez si fort molesté , en me disant que vous m'étiez attaché , rendez-moi l'anneau quevous portez , en qualité de questeur ,• vous n'occuperez plus dorénavant cette place.
t GLÉOH.
Le voilà. Sachez cependant que si vous m'ôtez le gouvernement de la république , mon successeur sera encore plus pervers que moi.
LE VIEILLARD
Cet anneau-là ne peut pas être le mien : il ne porte pas la marque ordinaire, à moins que j'aie la berlue.
LE VENDEUR DE BOyDINS.
Quelle est donc la marque ordinaire?
L£ VIEILLARD
Une feuille grillée dans de la graisse de bœuf.
LE VENDEUR DE BOUDINS
Mais ce n'est pas cela.
LE VIEILLARD
Ce n'est pas une feuille? Et qu'est-ce donc?
LE VENDEUR DE BOUDINS
C'est une mouette ' sur un rocher, le bec ouvert comme pour haranguer.
LE VIEILLARD
Que je suis malheureux !
Qtt'ya-t-il?
LE VIEILLARD
Rejetez-moi cet anneau : ce n'est point là le miien , mais celui de Cléonyme. Acceptez de moi celui-ci , et chargez-vous de la questure*
GLÉON.
N'en faites rien, cher maître, je vous en conjure, avant d'avoir entendu les oracles.
LE VENDEUR DE BOUDINS
. Et les miens donc.
* A«/w«, gavia. Plin Bist. Nat X , 95/^
2^8 liES CHEVALIERS ^
GLÉON) au yieillard.
Si VOUS VOUS en rapportez à lui , il £aucU*a que vous vous préliez à ses goûts dépravés.
LE VENDEUR DE BOUDINS
Et si vous le croyez , il faudra que vous fassiez voir tout ce que vous portez.
GLÉON.
Mes oracles portent que vous serez couronné de rose^ , et que vous commanderez à toute la terre.
Et les miens disent , que , revêtu d*une saie de pourpre brodée à Faiguille , et le front ceint d'une couronne , vous poursuivrez , sur un char tout doré, Smicythé et son mari '.
GLÉON.
Allons , va chercher tes oracles , pour qu'il en entende la lecture.
^ LE VENDEUR DE BOUDINS
Fort bien : va chercher aussi les tiens.
< IfAtxvû^v xecè K\jpt9v. L'Italien traduit : Smicita et Cirio. Il a fait un nom d'homme de xvfitûv : mais xvpeci , remarque très-bien M. Bronck , se rapportant à un nom de femme, signifie toujours un mari. Or , Aristophane a donné an nom de Smicythès y roi de Thrace , une terminaison féminine : Je Fai jconserrë dans ma traduction , avec la signification propre au mot xvfit9i en pareille circonstance : c'est une plaisanterie très-mordante.
GOlfÉDIB* . . . 2iQ
GLJÊON».
J'y vais.
LE TENDEUR DE BOUDIITS
J'y vais aussi , rien n'empêche.
: INTEâMÉDE,
LE GHCffiUR , seul.
Quel beau jour que celui-ci , pour nous et pour nos descendans , si l'on perd ce Cléon! Nous avons cependant ouï certains vieillards très-difficiles qui disaient au contraire dans le rendez -vous ' des plaideurs : si cet homnie-là n'était vfenu à la tête des affaires , jamais nous n'eussions eu deux ustensiles commodes dans une ville , un pilon et une spatule ^. Mais nous admirons surtout son éducation tout animale 3. 'Les enfans qui ont fréquenté avec lui les gymnases, disent qu'il n'a jamais pu tirer de sa flûte que des sons dans le mode dorique 4 , et qu'il n'avait jamais voulu en apprendre d'autre : ils ajoutent que le maître
' Ev TÔ» ^tiyfiecve ràv cTcxeûv..
) L'un pour écraser , l'autre pour brouiller tout.
3 Son éducation de porc.
4 Dont le nom a rapport aux dons , donations, èk^opiçi : jeu de mots.
28o liES GHEYALIEliS^
Favait chasse de cliez lui y en disant : ce jeune honune est incapable d'apprendre d'autre genre d'harmonie^ que la dorique ^
^ âkbtfiêfàx^çl 9 que celle dont le nom parle de dons, prësens y etc. , le même jea de mots. C'est comme si nous disions » qu'il ne youlait apprendre que l'air de< donneurt .