SCÈNE III
LES MÊMES , DEUX FEMMES , personnages muets , qui r^rësentent les armistices.
LE PEUPLE
O grand dieu > qu'elles sont belles ! Au nom des dieux , dites , peut-on s'en approcher *? Comment , je vous prie , sont-elles venues en votre possession?
ÀGORAGRITE.
Ce Paphlagonien ne les tenait- il pas cachées dans sa maison , pour que vous ne fussiez pas tenté de les lui ravir? Or, moi, je vous en fais don , pour que vous les enimeniez avec vous à la campagne.
LE PEUPLE
Quelle punition infligerez-vous à ce Paphlagonien qui a commis ces excès ?
AGOitAGRITE.
Je ne^lui ferai rien de plus, ni autre chose que de le condamner à exercer mon ancien métier; h vendre seul des boudins aux portes de la ville ; à débiter de la chair d'âne mêlée avec celle de chien; à, dire , dans Fivresse , des injures aux
* MCTUTfiMcxTJTsvuçKi i chc haniio licentia dl fitrla per trenta anni.
5t:6 LES CHEVALIERS^ COMÉDIE.
prostiluées^ et à n'avoir^ pour ctancher sa soif, que de l'eau puisée dans les baignoires.
LE PEXTPLE.
Fort bien imaginé ; voilà de quoi le mettre aux prises avec les prostituées et les maîtres de bains. En récompense des services que vous m'avez rendus, je vous invite à venir au Prytanée, pour y prendre la place qu'occupait ce scélérat. Suivezmoi, après vçus être i^vêtu de cet habit vert. Quant à lui , qu^on le conduise sur-le-champ au lieu où il doit faire son nouveau commerce, afin que les étrangers qu'il maltraitait si fort par ses propos , jouissent de sa confusion.