SIXIÈME PARTIE
LE CHŒUR se retourne pour la troisième fois vers les spectateurs.
Ahl qu'il est doux d avoir des ailes ! Dépourvus d'un pareil secours ^ Pauvres humains , on vous voit tous les jours Éprouver en tou^ lieux cent disgrâces nouvelles.
' Toute cette partie est remplie de tio, de toto, etc. dans le
grec.
f GOMémE« 167
Ah ! qu'il est doux d'avoir des ailes !
Lorsque rennuyense longueur
D'une scène mélancolique >
Cause une mortelle langueur Au spectateur glacé d une pièce tragique , i
En ce triste e^ fatal moment
Il pourrait ^ s'il avait des ailes ,
Se dérober adroitement ^ Et finir au plus tôt des peines si cruelles.
An l 'qu'il est' doux d'avoir des ailes!
Jads j si Patroclide eût eu le dos ailé ^
n n'aurait pas souillé la scène ;
Mais au plus vite il se fût envolé ,
Et , délivré d'une fâcheuse gène, n serait revenu sans avoir rien troublé.
Ah ! qu'il est doux d'avoir le dos ailé !
Si quelqu'un de nous , quel qu'il soit , avait du goût pour la femme d'un autre , s'il apercevait le mari de cette femme sur les sièges des sénateurs, il prendrait son essor avec ses ailf s , vous laisserait là un instant , et reviendrait peu après reprendre ici sa place '. ' ,
Le riche Ditréphès n'eut d'abord en partage
Que des ailes d'osier* Ces ailes l'ont porté jusqu'au plus haut étage : C'est aujourd'hui le coq de son quartier ,
' Tout ce morceau en prose est omis dans M. Boivin.
l58 LES OISEAUX,
Et le plus haut huppé de tout le voisinage i.
Ah ! cp'il est doux , mortels , en tout métier ,
D'être pourvu d ailes et de [4umage !
' Grec : // est det^enu phyîarque de caualene, puis chef; et tnr
suite homme d'importance, de rien qu*il était ite phyîarque
était, à Athènes , le chef d'une des compagnies de cavalerie. Il y avait dix de ces compagnies , autant que de tribus. Voyez PoUux, I,ia8^etVIII,94.