‹ Traduction en vers de quelques poésiesChapitre 1 sur 17 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Je sens combien la publication d'un

ouvrage de littérature légère peut paroître déplacée au milieu du fracas politique qui nous entoure. Mais je suis au moment de retourner en Espagne , et j'ai voulu? avant de quitter la France , y laisser ce monument de mon attachement aux deux nations. On craint, dit-on, à présent de lire des vers , où l'on ne fait que répéter ce qui a été dit cent et cent fois ; ceux de Lope de Vega me paraissent dignes d'échapper à la proscription , il a dit avant les autres, et je crois qu'on trouvera dans cet auteur ancien plus de choses neuves, que dans beaucoup de poëtesi modernes. Que les lecteurs se rassurent donc , les curieux trouveront dans cette traduction de quoi satisfaire leur attrait pour les nouvelles connoissances ; les femmes y saisiront avec plaisir l'exprès-

sîon du sentiment , de la tendresse , de la passion; les littérateurs pourront y étudier le génie espagnol , et placer ce petit cadre au milieu de la galerie des tableaux de la littérature comparée des «différentes nations. Je sollicite donc l'attention pour Lope de Vega , et l'indulgence pour son traducteur.

Ce 18 Novembre i8o5.

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