‹ Traductions et imitations de quelques poésies d'Ossian, ancien poète celte;Chapitre 10 sur 10 · SUR LA MORT D'OSCAR · texte numérisé non relu

SUR LA MORT D'OSCAR

Oi-roiT sa voix, celte voix s! touchante î Ombre chérie, ombre de mon amant ,

Pourquoi viens-tu si rarement De mes douleurs adoucir le tourment.

Consoler le cœur d'une amante ?

O toi, que l'hymen et l'amour

Unirent à ma destinée , Près de toi , dans les cieux , prépare mon séjour , Et rappelle au bonheur Malvine abandonnée !

Bientôt elle ira te revoir.

Non, ce n'est point un vain présage.

Bientôt ùt mort n'aura plus le pouvoir De séparer deux cœurs qu'un même amour engage.

Oui , j'en croîs mes pressentimens.

Mon cœur palpite , et tout mon corps frissonna. Dans mon âme s'élève un trouble qui m'étonne ,

Et je sens ces frémisse mens.

Précurseurs de la mort qui déjà m'environne.

Une roix fugitive a troublé mon sommeil.

Telle que le zéphire Qui balance les fleurs , et sous leur ombre expire j. En vain je l'ai cherchée au moment du réVciL

C'étoît sa voix; cette voix si touchante.

Ombre chérie , ombre de mon amant ,

Pourquoi viens-tu si rarement De mes douleurs adoucir le tourment»

Consoler le cœur d'une amante î

Mais, 6 mon cher Oscar ! en dépit du destin, Oui, dans ce cœur tu vis encore.

Quand la brillante aurore Ouvre les portes du matin , Pour toi sort un soupir do mon ame embrasée , Et l'astre de la nuit , Qui sur ta tombe me conduit , , Me voit mêler mes plours à sa douce rosée.

Vaillant fils d'Ossian , combien je chérissois Ton cœur sensible et fier , tom ame généreuse ! Quand tu vivois , Oscar , Malvine était heureuse.

Auprès de toi je jouissois ,

Et loin de toi je nourrissois .

De ton retour L'espérance flatteuse.

Dans les champs de Morven je hrillnis autrefois. Comme un jeune lilas , l'orgueil de la nature, Qui lève un front superbe, et mêle dans les bois, A ses grappe» en fleurs, sa flottante Verdure. La main qui t'a plongé dans l'ombrodes tombeaux , - . Comme un orage affreux , une horrible tempête,

A terrassé ma tête, i . .,

Dépouillé mes rameaux.

Le printems a depuis , d'une aile caressante , . Ranimé douze fois la terre languissante, Fécondé dans les champs les jeunes arbrisseaux , Fait éclore les fleurs , et courir les ruisseaux ;

Mais il n'a pu porter la fraîcheur et la vie Dans mes rameaux sdehés, dans ma tige flétrie. Pour mot les plus beaux jours sont d'orageuses nuits , Et je ne porte plus ni de fleurs , ni de fruits.

Des rives du Lora les vierges innocentes, Pour charmer ma douleur , mariant sous leurs doigts Aux cordes frémissantes Les doux sous de leurs voix , Ne peuvent adoucir mes angoisses cruelles.

— Eh quoi ! me disent-elles , Oscar étoit-il seul digne de ton amour ?

Seul son bras portoit-il une lance puissante ? Il étoit donc plus beau que l'aurore naissante ,

Que le flambeau du jour ?

Et pourquoi , jeune encor , laisser flétrir tes charmes ?

Par d'inutiles larmes De cet amant chéri tu troubles le repos. — Elles disent .... Je pleure ; et ma douleur muette

Est alors l'interprète De l'excès de mes ma

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