‹ TragaldabasChapitre 42 sur 96 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

JACINTHA

Pardon, monsieur, madame est chez elle?

Mais moi, Je suis ici!

7/i TRAGALDABAS.

JACINTHA

Je vais lui montrer...

Pas encore.

Écoutez-moi.

JACINTHA

Monsieur?

T K A G A L D A B A S , éclatant.

Jacintha, je t'adore!

JACINTHA

Monsieur !...

Elle en laisse tomber son carton, et toutes sortes de dentelles s'éparpillent à terre.

Laisse, c'est moi qui les ramasserai.

— Je t'offre un cœur que peu de femmes ont serré Dans leurs bras !

JVC IN TUA.

Mais, monsieur, ce n'est pas mon usage Qu'un homme me tutoie.

Oh ! j'aime ton visage !

J'aime ta taille, j'aime... Un furieux attrait S'empare...

JACINTHA

Mais, seilor. .. — Et si madame entrait?

ACTbl TROISIÈME. 75

C'est vrai, je vais tirer les verrous.

JAGINTHA.

Par exemple!

Elle l'arrête.

Tu me touches! merci. — L'idole de mon temple, C'est toi.

Voyant qu'elle va se baisser.

Je les ramasse.

JAGINTHA.

Alors, dépêchez-vous.

TRAC ALDABAS.

J'y suis.

11 s'agenouille et ramasse. Brusquement.

0 Jacintha! j'embrasse tes genoux.

JAGINTHA.

Voulez-vous bien?...

Apprends qu'il fallait que j'aimasse, Qu'il était temps. Enfin, te voilà!.., — Je ramasse, Mais laisse-moi parler... — Étant belle, tu dois Etre bonne.

Ramassant une coiffure.

0 fragile ouvrage de ses doigts !

Il écrase la coiffure de baisers frénétiques.

JACINTIIA.

Eh bien, vous arrangez ma pauvre marchandise!

TRAGALDABAS, réparant la coiffure à coups de poing.

C'est remis.

JACINTIIA.

Joliment!

Souffre que je te dise...

JACINTIIA.

Vous n'en finissez pas, je m'y mets.

Elle s'agenouille aussi.

Viens! Nos fronts Se sont presque touchés. Tout ce que nous ferons Ensemble sera bien. Femme, exauce ma flamme! Femme, veux-tu savoir ce qui me navre l'âme? Écoute. Quand, le soir, j'erre sur les chemins, Ou seul ici, posant ma tête dans mes mains, Que l'été brille ou bien que ce soient les jours tristes, Je pense amèrement — au destin des modistes. Leur pauvreté doit voir avec un sombre ennui Les riches ornements qu'elles font pour autrui ; Votre propre travail vous raille et vous outrage. Ah ! vous devez souvent maudire votre ouvrage ! Moi, tiens, dans ce moment, un besoin furibond Me saisit de broyer cette dentelle.

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