ACTE TROISIÈME
DON ELISEO, à part.
Voyons.
TRAGALDABAS, levant la fiole.
Bonsoir !
Don Eliseo ne fait aucun mouvement. Tragaldabas abaisse son bras de lui-même.
DON ELISEO, à part.
Parbleu !
C'est une variante au mot qui vous convie Aux dons forcés; il dit, lui : « Ta bourse ou ma vie! » Il a pu voir, deux jours de rang, qu'il me tenait. Quel gueux ! je le crois presque à présent, qu'elle n'est Sa femme que de nom.
TRAGALDABAS, à part. *
Il réfléchit.
DON ELISEO, à Tragaldabas.
La somme
Est forte...
Je ne puis vivre à moins!
A part.
Ce jeune homme Doute.
DON ELISEO.
On pourra pourtant — laissez ça, c'est assez — La trouver.
Où?
DON ELISEO.
Chez moi.
Vous me méconnaissez.
Je ne croyais pas être un mendiant. Ma fiole, Entends-tu cet outrage à mon âme espagnole? Un don, à moi!
DON ELISEO.
Disons un prêt.
C'est différent.
Un don est une aumône, au lieu qu'un prêt se rend Quelquefois... Tentateur! oh! comme il me torture!... Mais je vous donnerais alors ma signature !
DON ELISEO.
Soit.
Vous m'avez sauvé de Grif et du sergent, Et je vous dois beaucoup : je prendrai votre argent. Je suis à vous.
Il va se rajuster au miroir. A part.
Il doute, et cependant il paie.
Que ne ferait-il pas si ma mort était vraie ? Un peu de méfiance était bien naturel.
Rien à craindre pour moi dans un danger réel.
La porte de la chambre de dona Caprina s'ouvre. Jacintha paraît. Épanoui.