ACTE QUATRIÈME
D'une trombe d'hiver mitraillant une tour Te donne un aperçu vague de mon retour.
Mais si nous sommes hors de son regard, lui-même Ne sera-t-il pas hors du nôtre?
MINOTORO.
Ce problème Peut se résoudre ainsi : moi, je vais la quitter Sincèrement; mais toi, tu peux te contenter De vaguer à distance, en promeneur qui flâne, Admirant un brin d'herbe ou quelque oiseau qui plane. Ne pensant à personne. Aussitôt que le gueux Paraît, tu n'es plus Grif, mais un cheval fougueux, Et tu cours m' avertir.
<; bif.
Où?
MINOTORO.
Devant la cascade.
J'ai dit. Dépêchons-nous de dresser l'embuscade; Je ne respirerai qu'en l'y voyant tombé. Viens. Mais d'abord un mot à Jacintha.
Il vient à elle et affecte un air gracieux.
Bébé, ' Nous te quittons.
JACIXTIIA, sans se retourner.
Tant mieux !
MINOTORO.
Rien que pour cinq minutes.
JACINTHA
Tant pis!
MINOTORO.
Mon adorée, apaisons nos disputes.
Les militaires sont aisément querelleurs, J'en conviens. Ange aimé, daigne accepter ces fleurs.
JACINTHA, se retournant.
Quel changement !
Elle prend le bouquet.
MINOTORO.
Au fond, l'épée est délicate.
Bas à Grif.
Mon gredin, lui voyant son bouquet à la patte, Viendra sans défiance.
A Jacintha.
A tout à l'heure, amour.
Il sort avec Grif.
JACINTHA, seule.
Cette brusque douceur veut me jouer un tour. Gare !
Les volets de la fenêtre du chalet s'entr'ouvrent. Paraît Tragaldabas.