SCÈNE III
Manger dans l'ombre est chose lamentable. Mes yeux ont faim aussi. Dût-on me voir, au diable Ces volets!
Il les ouvre tout grands, — Tout à coup.
Une femme !
Reconnaissant Jacintba.
Elle! Il ne me manquait Que ce dessert ! Elle est seule !
Il saute par la croisée.
Elle a mon bouquet !
Il vient jusqu'à elle.
Jacintha!
JACINTHA j se retournant.
Vous !
Merci !
JACINTHA
De quoi?
D'être venue.
Ma présence en ce lieu t'était donc?...
JACINTHA
Inconnue.
Tant mieux ! car c'est alors le pur instinct du cœur Qui te mène où je suis. Ton doux rire moqueur Veut nier ton amour, — mais ce bouquet l'avoue.
JACINTHA
Bah!
Tu l'as accepté ! Sans trop faire la roue, Un cavalier de qui l'on daigne recevoir Les fleurs...
JACINTHA
C'est vous?...
Tu feins de ne pas le savoir Parce que je n'ai pas dit mon nom à ton dogue; Il ne se prête pas beaucoup au dialogue; Mais il t'était aisé de deviner, je crois.
JACINTHA
Quoi?
Que les trois bouquets étaient de moi.
JACINTHA
Les trois ?
Ton portier en a-t-il gardé pour les revendre? Voleur !